Le « dortoir hanté »

Le mystère du « dortoir hanté » enfin résolu

Salut les internes ! « 

       Quelqu’un se souvient t-il des pions qui avaient la lourde tâche de nous surveiller ? Mylne, Lehman pour les dortoirs 9 et 10, Sarrasin (pour celles du dortoir 3…) J’en vois d’autres mais les noms m’échappent. Et un jour, la tête qu’on avait fait un matin où aucune fille n’était au réfectoire, toutes en interrogatoire pour leur faire dire qui avait ouvert l’issue de secours qui reliait les étages des dortoirs filles, avec quel « passe-partout », et quels internes avaient quittés le dortoir 10 et étaient montés au 3 en passant par les gouttières ?

     Comme il y a prescription, je peux me dénoncer pour les passe-partout. Les premières virées aux dortoirs des filles remontent dans les années 60, du moins par cet itinéraire. C’était ma dernière année d’internat, le Bac se profilant en juin. Comme je rentrais tous les WE (quand je n’étais pas collé) à Tübingen, j’avais emprunté le temps d’un WE un passe à l’un des pions d’externat, dont je tairai le nom, et qui n’a jamais été cité sur ce site.

J’avais également repéré quelque temps auparavant des clés très proches du passe, mais un peu plus épaisses, et qui manifestement, ne servaient plus depuis longtemps. Elles étaient accrochées dans la loge du veilleur de nuit située à l’entrée arrière de l’internat, face à la forêt. Un soir, profitant de l’absence momentanée de « Tonio », l’un des veilleurs de nuit, j’avais donc « emprunté » trois de ces clés.

     Le fameux WE, muni du sésame, j’avais demandé à l’un des appelés de mon père, qui était serrurier de métier (l’appelé, pas mon père…!) de me fabriquer des passes à partir des trois clés et du modèle, ce qu’il fit bien volontiers. J’en avais donné un à une fille du dortoir des « Terminales » {le 3(?)}, car il fallait bien que l’une d’entre elles vienne ouvrir la fenêtre de l’escalier de secours au 1er étage, d’où partaient les descentes / montées par la gouttière, car la serrure de la porte du rez-de-chaussée de l’issue de secours était d’un type spécial que n’ouvrait pas le passe-partout.

 

    Et c’est ainsi qu’ont pu commencer les escapades nocturnes, soit au dortoir des filles, soit à Baden. Quand j’ai quitté le Lycée, j’ai transmis mes trois passes à deux garçons et à une fille, et la tradition s’est apparemment poursuivie. A noter que vers la fin, lassés de jouer les chats de gouttières, nous passions directement par les portes d’entrée des dortoirs, avec la complicité bienveillante d’un pion d’internat dont j’ai oublié le nom. Côté filles, nous choisissions les nuits où certaines pionnes étaient de service.

     Dernière information, E. M., dit « Manou » et C. S. étaient avec moi en Terminale, et Manou était interne puisque de Tübingen. Il connaissait évidemment l’existence de ces passes, puisqu’il en avait bénéficié, faisant partie de ceux qui visitaient assez régulièrement le dortoir 3. Simplement, il ignorait à qui j’avais transmis mes passe-partout.

Guy Petitjean

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