Quel bel hommage

    Rentrée scolaire 1958, classe de première AB. J’arrive de Marseille et viens de faire connaissance avec « mon » nouveau Lycée. Les inévitables petites angoisses sont vite dissipées : l’accueil de mes nouveaux camarades de classe est chaleureux. Et puis il y a des filles ! Très vite je prends conscience de la qualité des Professeurs. Venant d’un lycée marseillais ayant la réputation d’être le meilleur de la région, je m’aperçois vite que le Lycée de Baden n’a rien à lui envier, loin de là !

     Deux Professeurs m’ont particulièrement marqué : Monsieur Bringer et Monsieur Floret. Ce dernier – Professeur d’anglais – nous a appris non seulement à trouver le mot juste en traduisant un texte, mais encore à restituer l’esprit et les intentions de l’Auteur.

    Quant à Monsieur Bringer, nul n’a pu oublier notre Professeur de lettres brillant, vivant, stimulant. Toujours en mouvement dans les rangées, virevoltant, le doigt pointé à la recherche de sa prochaine « victime », l’œil vif, il nous obligeait à aller au bout de nous-mêmes.

    Je l’avais en français, en latin et en grec. En grec nous n’étions que deux élèves: Sandra Hahn (qui ne se souvient de Sandra Hahn ?) et moi. À la fin du premier trimestre Sandra décida d’abandonner le grec; je me retrouvai alors seul et eus le privilège de bénéficier de cours particuliers jusqu’à la fin de l’année scolaire. Un rêve ! Naturellement je devais faire les compositions trimestrielles et Monsieur Bringer ne manquait jamais de proclamer d’un air malicieux les résultats : premier… Meunier !

    Mes remords : à la fin de l’année il me proposa de continuer les cours de grec en terminale. Je ne donnai pas suite. La jeunesse est souvent bête et toujours ingrate.
Philippe Meunier

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