Un hommage vibrant !

Cher Monsieur Bringer,

     De tous les excellents professeurs qui m’ont formé durant les deux années passées (1958-1960) au Lycée de Baden-Baden, vous êtes sans conteste celui qui m’a le plus apporté.

    Comme tous mes condisciples j’ai gardé intacte la mémoire de votre art d’enseigner, de former et de contribuer à l’épanouissement de chacun d’entre nous !

     Qui ne se souvient de vos précieux conseils, de vos bénéfiques exigences (tant pour l’oral que pour l’expression écrite), de vos méthodes de travail ? De celle en particulier qui consistait à nous faire étudier et réfléchir (cinq petites questions !) sur le texte que nous allions travailler ensuite, dans la semaine, avec vous ! Qui ne se souvient, comme nous l’a si bien rappelé Philippe Meunier, de vous et de vos grandes enjambées dans les rangées, le texte à la main, l’œil pétillant du plaisir de faire découvrir, les sourcils levés, le regard malicieux, posant à chacun les questions les plus fines, suscitant toujours des réponses claires et précises ? Personne ne pouvait se dérober ! Ainsi nous donniez-vous la merveilleuse impression de trouver par nous-mêmes les idées les plus intéressantes et les sentiments les plus forts qui fleurissent dans notre grande littérature ! Illustration quotidienne de la « maïeutique » socratique !

    Vous nous faisiez comprendre les rapports qui unissent les grands courants de pensée, vous éveilliez notre curiosité, développiez notre goût sans nous imposer le vôtre. En un mot vous réussissiez à nous faire comprendre, à nous donner l’impression d’être un peu plus « intelligents ». Aller dans votre classe devint vite pour moi un plaisir et je pus constater avec ravissement qu’au bout de l’année nous avions étudié avec sérieux l’essentiel de notre belle littérature et les auteurs latins majeurs. Ce fut donc avec bonheur que je vous retrouvai en latin en terminale (pour y étudier, entre autres, Jugurtha, un sujet d’actualité à l’époque).

    Votre image, votre action et celles de mes anciens maîtres de Baden-Baden ont certainement contribué au choix que je fis, un peu plus tard, d’une carrière dans l’enseignement.

    Puisqu’il n’est jamais trop tard (ici c’est vraiment très tard !) pour manifester sa gratitude, je vous remercie très sincèrement, Monsieur Bringer, de m’avoir tant apporté à un moment crucial de ma vie. Vous m’avez montré, en prêchant d’exemple, la valeur et la force que procure le travail bien fait. Ainsi faisant, vous avez renforcé en moi la confiance et l’estime de soi tellement indispensables pour affronter l’avenir.

Très respectueusement.

    Un de vos innombrables élèves à qui vous avez tant appris.

Philippe Nectoux

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