Le point d’orgue

 

    Qui n’a pas remarqué lors de notre réunion à Baden-Baden en 2006 notre ami Jean Bigot ?     Il participait pour la première fois à nos réunions et enthousiaste il l’était !

    Il respirait la culture allemande à pleins poumons, passionné il l’est encore plus !

    Il nous a parlé de son engouement pour la culture Quechua, la langue hébraïque, les objets de culte… Mais écoutez-le vous parler de la plus dévorante de ses passions l’orgue !

     “ Église de Baden, année 1961, la Messe du Dimanche matin… L’ « Asperges me »… Le goupillon du prêtre bénissant l’assistance… Tout cela s’estompe et je fouille dans ma mémoire pour m’imprégner de la scène d’alors… Yves, mon frère et moi… Enfants de chœur, mon frère cordon vert et moi cordon violet ; nous devions faire tinter la triple clochette au moment des prières de l’Élévation , et avions devant les yeux (car avant le concile Vatican II , le prêtre tournait le dos aux fidèles) l’officiant et au-dessus de lui le grand triptyque de la Crucifixion du Christ qui nous inspirait la crainte ; vous vous souvenez certainement de ces trois grands panneaux, montrant un Christ décharné , couvrant entièrement le mur , au dessus de l’Autel.

     La scène : … Le prêtre murmure la préface : « Verum dignum et justum est….. », la Consécration vient ensuite… et .soudain une musique céleste, aérienne, mystérieuse descend de la tribune… LA MUSIQUE, MA MUSIQUE… Madame Russel, notre professeur de musique au lycée Charles de Gaulle aux claviers de l’orgue, commence à jouer… Le plafond de l’église se déchire… Me voilà transporté avec les anges au Paradis. Et chaque Dimanche la même magie !! Je jouerai cette musique pensais-je !  

    Eh bien mes chers amis, je suis devenu organiste et, en 1969 à Montpellier, j’ai rejoint ma première tribune (il y en eut quelques unes) de Saint Cléophas et héritais d’un Puget ma foi fort convenable, je suis actuellement titulaire des grandes orgues du Grand Temple de Nîmes un grand 16 pieds Merklin… Eh oui , on peut être catholique et organiste chez nos frères protestants.

Chers anciens du Lycée Charles de Gaulle, j’ai su depuis lors que cette « musique céleste » était  la « Prière à Notre-Dame », troisième partie, qui en compte quatre de la « Suite Gothique » de G. Boëllmann , compositeur romantique , cette Prière à Notre-Dame se joue avec la Voix Céleste , d’où l’impression de nébulosité produite par ce morceau.“

 En cliquant ici : aperçu vous découvrirez la personnalité de Jean Bigot.

 Amitiés Baden-Badenaise 

                                  Jean Bigot                    

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