Tours 2007

Dans ce jardin :

C’est avec un plaisir non dissimulé que nous nous sommes retrouvés dans le hall de l’hôtel Mercure, accueillis par les Maîtres des lieux.

      Le déjeuner terminé, nous avons commencé par rejoindre un des plus beaux villages de France, je veux parler de Candes-St-Martin, petit bourg construit à flanc de coteau, au confluent de la Loire et de la Vienne. On y découvre de vieilles ruelles pavées et de belles maisons groupées autour de la collégiale, magnifique monument historique dont la façade nord vient d’être restaurée et qui comporte un grand nombre de statues et la chapelle St-Martin. Nous avons tous entendu parler de ce soldat romain qui donna la moitié de son manteau à un pauvre. Cet homme, au parcours atypique, est devenu évêque de Tours. Il est connu sous le nom de Saint-Martin. Il s’est éteint, le 3 novembre 397, à l’emplacement de l’actuelle collégiale du village.


Nous ne quitterons pas ce magnifique village sans être allés sur le pont admirer le paysage. Puis, nous avons pris la direction de l’Abbaye de Fontevraud fondée en 1101 par Robert d’Abrissel, réformateur religieux qui avait le soutien du pape Urbain II.L’abbaye qui accueille séparément des hommes et des femmes, adopte un fonctionnement particulier en recevant cinq groupes différents : des prêtres (St-Jean-de-l’Habit), des pécheresses repenties (Ste-Marie-Madeleine), des veuves et des vierges (Le grand Moutier dédié à la Vierge), des lépreux (St-Lazare) et des malades (St-Benoît). Pour chacune de ces communautés, un couvent différent fut construit et la direction générale en fut confiée à une femme et cela jusqu’à la Révolution (trente-six abbesses vont se succéder à la tête de l’ordre).

      La précarité des débuts de la communauté a rapidement laissé place à une prospérité matérielle, aidée par la générosité de riches familles angevines, par le soutien du pape et des évêques d’Angoulême et de Poitiers. Pendant la guerre de Cent ans, l’abbaye souffre de la crise qui touche les ordres contemplatifs (les bâtiments ne sont plus entretenus, voir abandonnés). Aux XVIe et XVIIe siècles, les abbesses de la famille des Bourbons, bénéficiant de l’appui royal, font de ce lieu un centre spirituel et intellectuel qui a connu une seconde période faste de son histoire (rénovation des lieux et construction de nouveaux bâtiments).

      A la révolution, les biens du clergé sont déclarés biens nationaux. Les religieuses évacuent l’abbaye à l’automne 1792. En octobre 1804, Napoléon 1er signe un décret qui transforme l’abbaye en établissement de détention. Des aménagements successifs seront apportés jusqu’à la fermeture de la prison en juillet 1963. Fontevraud a été considérée comme la centrale pénitentiaire la plus dure de France, avec celle de Clairvaux. Ce n’est qu’en 1985 que les lieux sont rendus à la « vie civile ». Maintenant, l’abbaye abrite le Centre culturel de l’Ouest.

    Sont aussi particulièrement intéressants à voir le réfectoire (45 m de long) dont les murs du XIIe siècle soutiennent de remarquables ogives du XIVe, la cuisine, appelée Tour d’Evraud, lieu le plus étonnant de l’abbaye, de par sa forme octogonale, à chaque pan de laquelle correspond une cheminée formant une absidiole à l’extérieur ; une ouverture centrale assurant l’aération.


Nécropole des Plantagenets, l’église abbatiale abrite les gisants polychromes de Richard Cœur-de-Lion, de ses parents Aliénor d’Aquitaine et Henri II roi d’Angleterre ainsi qu’Isabelle d’Angoulême, la femme de Jean-sans-Terre. Ces gisants datent du XIIIe siècle, les trois premiers sont en pierre et le dernier en bois.

      N’ayant ni l’envergure, ni l’éloquence de notre excellente guide, j’arrêterai là, aussi par faute de place, l’histoire de l’Abbaye de Fontevraud. Toutefois, chacun gardera aussi dans sa mémoire ce dîner aux chandelles, dans le décor superbe du Prieuré St-Lazare.

       Notre journée de samedi a débuté par la visite du prieuré de St-Côme. Ces quelques vers :

Mignonne, allons voir si la rose

Qui ce matin avait déclose

Sa robe de pourpre au soleil

A point perdu cette vesprée

Les plis de sa robe pourprée

Et son teint au vôtre pareil

… vous rappelleront que Ronsard, un des plus grands poètes français de la Renaissance y vécut, s’y éteint le 27 décembre 1585. Dans ce jardin entourant le prieuré se cache sa pierre tombale parmi une multitude de roses au parfum subtil, plus belles, plus douces, plus romantiques les unes que les autres.

     C’est sur la « Bélandre», au cours d’une petite croisière, que se dresse majestueux devant nous le château de Chenonceau, encore appelé « le château des Dames », en partie bâti en travers du Cher sur cinq arches de pont. Chenonceau a été bâti par Catherine Briçonnet en 1513, tourangelle appartenant à une famille de grands financiers ; elle était l’épouse de Thomas Bohier qui, très occupé par sa charge de travail, laissa sa femme s’occuper des travaux.

     Chenonceau fut embelli successivement par Diane de Poitiers (la toujours belle) et Catherine de Médicis (la fastueuse) qui lègue son château à sa belle-fille, Louise de Lorraine. Après elle, Chenonceau entre dans une période d’abandon jusqu’au moment où le fermier général Dupin en devint propriétaire. Madame Dupin y tient un salon où défilent toutes les célébrités de l’époque, notamment J.-Jacques Rousseau qui était le précepteur de son fils. Madame Dupin vieillit entourée de l’affection des villageois grâce à qui le château traversa la Révolution sans dommages. Selon son vœu, elle fut enterrée dans le parc. En 1864, Madame Pelouze achète Chenonceau et fait de la restauration du château l’affaire de sa vie. Le château est actuellement la propriété de la famille Menier. Chenonceau doit aux femmes une part de son charme.

     Le site enchanteur, les jardins à la française et le parc qui l’entourent, complètent l’impression de grâce délicate qui s’en dégage. Chenonceau n’est pas seulement remarquable par son architecture et son histoire, mais aussi par la richesse de ses collections (mobilier Renaissance, important ensemble de tapisseries des XVIe et XVIIe siècles et de nombreux tableaux de Maîtres (Le Primatice, le Corrège, Le Tintoret, Rigaud, Nattier, Van Loo).

      Non sans regret, nous quittons Chenonceau pour une visite de cave à Vouvray (galeries creusées dans le tuffeau) et reprenons la route pour un dîner de détente dans un site très pittoresque à Montlouis.

      Après une bonne nuit, notre matinée a été consacrée à la visite du centre historique de Tours, visite commentée par une guide « du terroir » autant dire inépuisable, et amoureuse folle de sa ville, notre amie, Françoise Panterne, ancienne adjointe au Maire, chargée de la sauvegarde du Patrimoine Voué à la démolition dans les années 1950/55, ce secteur a bénéficié de la loi Malraux dès 1962, sur la sauvegarde des quartiers anciens. Tours a fait revivre ses vieux quartiers, notamment autour de la Place Plumereau bordée de très belles maisons à pans de bois et en pierre.

     Après un déjeuner très amical et chaleureux, l’heure du départ est arrivée …

     Et rendez-vous pris pour Bordeaux en 2008 !

           Danielle Heliot 

Une réflexion au sujet de « Tours 2007 »

  1. Nous sommes bien loin de la croisière sur le Rhin où Danielle nous était apparue pour la première fois ! « apparue » est un grand mot ! Danielle était noyée dans le flot des croisiéristes… perdue… isolée…il a fallu la conviction de son diable de René pour la convaincre de revenir sur le Danube, le hasard a voulu que le dernier jour nous nous rendions compte que nous appartenions l’un et l’autre à une minorité de nostalgiques dont vous avez, vous aussi, certainement entendu parler ! Merci Danielle pour ta participation à la vie de l’association JP Bénaut

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