Aux armes citoyens

 

   Nos amis Danielle et René Heliot sont des passionnés de commémorations relatives à la Seconde guerre mondiale. A tout instant les voilà partis, non pas comme spectateurs mais comme participants, casqués, rangers aux pieds, équipés de leur armement, au volant de leur authentique Jeep « Stéphany » qui participa au débarquement en Provence le 15 août 1944. Inutile de vous dire que ce véhicule est amoureusement cajolé…

     Dernièrement ils sont allés en Normandie, à Verneuil sur Avre, pour le 66ème anniversaire de la libération de la ville. L’occasion est là pour qu’ils nous dévoilent leur passion.

 JPB : Bien avant que René ne participe, en tant que figurant au téléfilm «Les amants de l’ombre» diffusé en décembre 2009, beaucoup de vos photoscirculaient sur Internet, mais quand cette passion est-elle née ?

 DH : Depuis tout jeune, il était passionné par tout ce qui avait rapport aux événements de la Seconde Guerre Mondiale, l’occupation, la résistance, enfin et surtout les deux débarquements alliés des 6 juin et 15 août 1944 par nos libérateurs ; il était surtout fasciné par la puissance déployée par les troupes U.S., notamment le matériel, l’équipement, l’armement, etc… Il écoutait attentivement pendant des heures durant les récits de témoins ayant vécu cette période.

 JPB : Danielle, ce hobbies n’est pas spécialement féminin, est-ce René qui t’a entrainée dans cette aventure ?

DH : Bien-entendu, c’est René qui m’a entraînée dans cette aventure sans difficulté car j’ai aussi l’âme patriotique.

 JPB : Pourquoi cette passion ne lui a-t-elle pas fait embrasser la carrière militaire ?

DH : Aujourd’hui, il le regrette, mais avoue qu’à l’époque, il n’aurait pas supporté les déplacements constants d’une garnison à l’autre.

 JPB : Je suppose que vous n’agissez pas de façon isolée mais que vous faites partie d’un réseau  qui coordonne vos rendez-vous !

DH : Oui effectivement, nous faisons partie d’un club de collectionneurs axé sur la Seconde guerre mondiale qui participe à des cérémonies militaires, des expositions… lequel coordonne nos déplacements. Toutefois, lorsque nous avons pris connaissance du « VERNOLIA DAY » par un article paru dans la presse locale, nous sommes allés à titre privé à la commémoration de la Libération de Verneuil sur Avre les 21/22 août 2010 pour deux jours de manifestations. (Sous l’œil scrutateur de Johny Halliday dont la statue a été depuis déboulonnée…)

 JPB : Lors de ces manifestations vous retrouvez certainement des habitués, des amitiés se sont-elles nouées ? N’est ce pas l’occasion de jouer une troisième mi-temps ?

DH : Nous retrouvons souvent dans notre secteur des membres d’autres clubs et il nous est également arrivé, notamment en Alsace et dans le Doubs, de revoir des personnes de la région parisienne, Tours, St-Etienne, Reims, etc… La troisième

mi-temps existe mais vu notre grand âge, nous ne dormons pas au campement mais à l’hôtel, c’est plus confortable…

 JPB : Vous êtes d’heureux grand parents, quel regard vos petits enfants portent-ils sur votre activité ?    

DH : Nos enfants ont fort bien compris notre engagement et nous encouragent à poursuivre. Quant à nos petits-enfants, ce qui les intéresse, surtout pour l’instant, ce sont les promenades en Jeep, à la campagne !

 JPB : Comment sont organisées ces réunions ? Il faut recruter les participants, les nourrir, les héberger, voire les indemniser, organiser un service d’ordre, prendre des arrêtés municipaux… c’est toute une logistique ! Est-ce à l’initiative des municipalités où sur proposition des vos « adhérents » ?

DH : Ces manifestations sont organisées souvent par les municipalités, parfois par des militaires, ou des organismes privés. Arrêtés municipaux, service d’ordre pour les convois ou défilés sont également à leur initiative ainsi que très rarement notre hébergement. Notre organisation n’est que bassement matérielle : déplacements individuels des petits véhicules (Jeeps, Dodges), transport des gros véhicules par porte-chars, indemnités kilométriques, repas, quelquefois hébergement, tout ceci en contrepartie d’une subvention allouée selon les accords passés entre les deux parties.

 JPB : Pour conclure cette interview, vous sentez vous investis d’un devoir de mémoire ? DH : Oui, comme nous venons j’espère, de vous le démontrer, nous considérons que cette passion en tant que collectionneurs, est avant tout un devoir de mémoire à transmettre aux jeunes générations.

     Nous vous remercions chaleureusement tous les deux de vous être confiés à notre gazette et nous reviendrons dans un prochain numéro sur la commémoration de Verneuil.    

                                                                                                                                                                                                                                                    Danielle et René Héliot      

 

 

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