54 ans de présence militaire française en Allemagne

      En février 1945, à la conférence de Yalta, alors que la défaite de l’Allemagne se révèle inéluctable, les trois grands alliés se répartissent les zones d’une future occupation de l’Allemagne.

    Winston Churchill, convaincu par le Général de Gaulle que l’avenir de l’outre Rhin intéresse et concerne la France en premier chef, obtient que soit admis le principe d’une zone française. Mais de Gaulle sait bien que les négociations ne porteront jamais que sur des zones militairement acquises par la 1er Armée Française. Aussi après avoir devancé les Américains à Karlsruhe (5ème DB et 9ème DIC), enjoint-il au Général de Lattre de Tassigny de se distraire de sa course au Danube pour investir Stuttgart (5ème DB et 3ème DIA), capitale wurtembergeoise, dont l’inclusion dans la zone susceptible d’être attribuée à la France serait gage de sa cohérence.

    Pourtant c’est une sorte de sablier dont le goulet d’étranglement jouxte la frontière à la hauteur de Lauterbourg et Karlsruhe qui va être confiée à l’Administration Militaire Française après le 8 mai 1945, zone de 42.000 Km² regroupant moins de 6 millions d’habitants soit dix pour cent de la population allemande.

    Aux vaincus qui n’ont pas oublié la défaite française de 1940 et ressentent quelque mépris pour des vainqueurs dépendant des Américains pour leurs équipements et leurs approvisionnements, le Général de Lattre veut dans l’immédiat donner une image prestigieuse de la France. Menant pendant onze semaines, « une politique de grandeur amorce d’une œuvre d’éducation de longue haleine, il veut, en satisfaisant ses appétits visuels et auditifs, accrocher une jeunesse façonnée par le système hitlérien, la désintoxiquer en substituant le grand au colossal, la force à la violence et lui faire prendre goût aux valeurs de l’esprit ».

Effectifs des Français présents sur le sol allemand :

1945 :      325 000 militaires de l’Armée de Lattre.

Fin 1952 : 100 000 militaires, personnels civils et familles.

Fin 1990 : 80 000 (attrition régulière depuis 1960).

Fin 1991 : 64 000 (dissolution de la 3e DB).

Fin 1992 : 45 000 (dissolution de la 5e DB).

Fin 1993 : 38 000 (dissolution des EOCA du 2e CA).

Fin 1994 : 33 000 (dissolution du secteur français de Berlin).

Fin 1997 : 25 000 (dissolution de 5 régiments de la 1e DB).

Fin 1999 : 5 000 de la BFA et du 16e GC.

Sources : Revue MERCURE mars 1999

Prochaine parution 1945 – 1955 :

« De l’occupation à la souveraineté de la République Fédérale d’Allemagne »

 

 

 

 

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