Le Haut Commissariat

  1949 – 1955

De l’occupation à la souveraineté de la

 

République Fédérale d’Allemagne

Le Haut Commissariat et le régime d’occupation

     La situation politique internationale se durcit. Le 20 mars 1948 l’Union Soviétique se retire de l’administration quadripartie. Du 20 juin 1948 au 11 mai 1949, c’et le blocus de Berlin et la mise en œuvre par les occidentaux d’un pont aérien pour approvisionner les Berlinois. En février 1949, c’est «le coup de Prague». Autant d’événements qui concourent à ce que l’Allemagne (désormais de l’Ouest) soit rapidement associée à la défense européenne. Déjà en octobre 1950, le gouvernement français propose la création d’une « armée européenne » avec une participation allemande. Il faudra attendre 1954 pour que cette idée se concrétise partiellement.

      Dans l’immédiat, grâce à la diplomatie de Konrad Adenauer, le 8 mai 1949, la « Loi Fondamentale », constitution qui va donner naissance à la nouvelle République Fédérale d’Allemagne et désormais régir son fonctionnement, est votée. Une nouvelle période s’ouvre dans les relations entre la France et l’Allemagne. Une Haute Commission Alliée se substitue aux gouvernements militaires. Cette commission est composée de trois Hauts Commissaires Alliés. Côté français, c’est Monsieur François-Poncet qui est nommé à ce poste. Pour l’essentiel, la mission du Haut Commissariat est le contrôle de la bonne application des prescriptions de la Loi Fondamentale et la bonne exécution des obligations fixées dans les traités de paix. Le 21 décembre 1949 entre en vigueur le nouveau statut des forces alliées, celui d’occupation. Les dispositions statuaires de l’occupation doivent être, au plus tard dans les dix-huit-mois, réexaminées à la lumière de l’expérience.

      Sous l’égide du Haut Commissariat, l’occupation va poursuivre l’œuvre du Gouvernement Militaire, au moins dans les limites que lui laisse la R.F.A. qui, sous l’impulsion d’Adenauer, avance à grands pas vers une souveraineté pleine et entière. Les efforts culturels menés dans la Zone d’occupation française, même s’ils ne touchent qu’un public restreint, jettent les bases de l’entente franco-allemande à venir.

      Pour ce qui concerne les troupes françaises, un retour en arrière s’impose. Lorsqu’en 1945 les combats cessent, ce sont 325.000 combattants de l’Armée de Lattre qui se trouvent en Allemagne. Ce sont des considérations d’ordre essentiellement pratiques qui vont présider au choix des garnisons. Elles seront fixées là où existent d’anciens casernements (modernes de la Wehrmacht, voire plus anciens de la Reichwehr ) pour le logement des unités, et là où existe un parc immobilier susceptible de répondre aux besoins de la réquisition pour le logement des cadres et des nombreux fonctionnaires qui, dans le cadre du Gouvernement Militaire, arrivent bientôt accompagnés de leurs familles. Au total dans les années cinquante, les forces françaises sont implantée dans plus de 50 garnisons dont les deux tiers dans la partie sud du « sablier ». A l’usage, des ajustements interzones sont réalisés au fil des ans : 1950 Karlsruhe et Worms deviennent franco-américaines. 1952 : les Américains s’implantent en zone française à Kaiserslautern alors que les Français le font à Wetzlar et Fritzlar en zone américaine.

      Les effectifs militaires, quant à eux, chutent rapidement à partir de 1946 du fait de la loi amèrement ressentie de dégagement des cadres dont l’ampleur est accentuée par la relève des engagés de la 1er Armée par des soldats du contingent, la conscription étant redevenue le moyen normal d’alimentation des armées. Après un premier plan de réduction des effectifs à 100.000 hommes, un autre de 50.0000 est rapidement mis en œuvre. Mais la tension Est-Ouest devient bientôt telle que les troupes d’Allemagne, bouclier de la défense occidentale, voient progressivement leurs effectifs ré-augmenter pour atteindre 90.000 hommes en 1952. C’est ainsi que la 1er D.B. vient s’implanter dans la région de Trèves an 1951.

      Pendant ces dix années d’après guerre, les préoccupations des troupes françaises sont essentiellement tournées vers le conflit d’Indochine qui absorbe les cadres et laisse les formations dans un état de sous-encadrement alarmant. Pourtant, elles vont s’attacher à une population qu’elles apprennent à connaître. Balayant les ressentiments à l’égard de l’ennemi d’hier, combien d’amitiés durables se sont nouées, combien d’anciens soldats, qu’ils soient natifs de France ou d’Afrique du nord, ont choisi de demeurer en Allemagne en y fondant parfois un foyer.

Sources : Revue MERCURE mars 1999

Prochaine parution 1955-1990 : En garde face à l’Est 

 

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