En garde face à l’Est, les F.F.A.

1955 – 1990 : En garde face à l’Est, les F.F.A.

Tout s’accélère très vite. En 1954, la R.F.A. accède à la totale souveraineté. Par les « accords de Paris » du 23 octobre elle est admise dans l’U.E.O. et dans l’O.T.A.N. Désormais elle peut disposer d’une propre force militaire, outil de la solidarité de la R.F.A. avec les Alliés au profit de la défense occidentale

 

     Depuis le début des années 50, les Forces Française d’Allemagne (F.F.A.), équipées de matériels américains datant pour l’essentiel de la guerre ou cédés dans le cadre du plan Marshall, sont articulées en deux corps d’armée (C.A.). Le 1er C.A. est implanté dans la zone sud le 2ème C.A. dans la zone nord (Coblence). Dès 1955, les opérations d’Afrique du Nord réclament des effectifs grandissants, y compris en appelés du contingent. Contrairement à ce qui s’était passé en Indochine, ce sont des formations constituées qui y sont envoyées. Ainsi, le 1er C.A. intervient avec la quasi totalité de ses moyens, alors que le 2ème C.A. conserve ses divisions en Allemagne tout en dépêchant des compagnies et quelques régiments.

 

     La mise en place progressive des matériels français modernes et performants commence et l’évolution de la doctrine d’emploi des forces entraîne diverses restructurations. D’abord, dans le cadre de la « Division type 59 », est mise sur pied une organisation reposant sur des structures pouvant être autonomes : les brigades mécanisées ou motorisées. Dans cette réorganisation, le 1er C.A. est dissous. La presque totalité des formations des F.F.A. appartient dès lors au 2ème C.A. qui, restant unique en R.F.A. devient le fer de lance de la France face à l’Est. Rapidement, la garnison de Coblence est abandonnée et le commandement des F.F.A. et celui du 2ème C.A. sont fusionnés à Baden-Baden. Plus tard, en 1978, une nouvelle réorganisation du 2ème C.A. est opérée, les « systèmes d’armes » modernes accroissent considérablement la puissance du corps de bataille français. Pour optimiser cette puissance il s’impose de créer des structures cohérentes autour d’une masse de choc et de feu. C’est la fin des brigades mécanisées et motorisées, le 2ème C.A. est réarticulé en trois divisions blindées, dont le P.C. est à Trèves, la 3 à fribourg et la 5 à landau. 

 

DER MENSCH UND SEINE UMWELT

 

     Les casernes occupées par la troupe et qui au début semblaient adaptées, se révèlent bientôt ne plus correspondre au confort minimal attendu par la jeunesse. De plus, elles ont vieillies. A partir de 1975, des travaux importants d’amélioration d’abord, puis de rénovation complète ensuite sont entrepris dans la totalité des garnisons.

 

     Dès 1948, les premières « cités françaises » sont construites. Elles sont caractérisées d’une architecture très particulière des années 50 au point que certains éléments puissent être considérés en 1999 comme faisant partie du patrimoine historique. Mais elles sont aussi disposées en lisière des agglomérations. Rapidement, les troupes françaises d’Allemagne se voient soutenues par un ensemble de services destinés à satisfaire leurs besoins de la vie courante voire des loisirs. L’« Homo FFA », doit prendre sur lui et faire l’effort de communication nécessaire pour s’intégrer à la vie de la cité et ne pas vivre au rythme de la seule garnison française. Pour le soldat du contingent, c’est plus délicat. Généralement il cherche, dès qu’il peut disposer de son temps, à retrouver en France les êtres chers qu’il a quitté à l’appel sous les drapeaux. Pourtant nombreux sont ceux qui, curieux, mettent à profit leur temps libre pour découvrir les régions superbes qui les environnent et leurs habitants.

 

     Des efforts méritoires bien que peu voyants sont fait dans le domaine de l’apprentissage de la langue allemande, en particulier par la direction de l’enseignement (DEFA) à qui incombe la scolarisation des enfants des membres des FFA. Avec moins de succès, le commandement s’évertue à faire acquérir les bases aux cadres nouvellement affectés et aux soldats du contingent pour qu’ils puissent se sentir à l’aise au sein de la nation hôte. Par ailleurs il organise régulièrement des voyages-rencontres entre appelés du contingent français et allemands, des cycles de sensibilisation à l’organisation institutionnelle de la R.F.A.

 

     Chaque garnison s’efforce régulièrement de faire partager le savoir-être français à travers des « journées portes-ouvertes » toujours très prisées des autochtones. Par ailleurs, il n’est pas question de manquer à cette institution que sont les Volksmarsch. Qu’elles soient organisées par les Français ou les Allemands, il importe d’y participer en nombre. Si l’on doit reconnaître que la participation allemande et généralement supérieure à la française, force est de constater que les Français savent souvent l’emporter au plan du panache.

 

    De leur côté, les municipalités mènent des actions en faveur de l’accueil et de l’intégration de nouveaux arrivants dans les garnisons. Les « clubs franco-allemands » qui se développent donnent l’opportunité d’une connaissance mutuelle. Jusqu’aux clubs carnavalesques, indissociables de la tradition allemande, qui apportent eux aussi leur pierre au rapprochement des personnes !  

Sources : Revue MERCURE mars 1999

Prochaine parution : La coopération franco-allemande

 

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