À la recherche de J.C. Brialy

     Hasard… Coïncidence… Destin… Des mots qui sillonnent notre horizon depuis le 21 mai 2013, date à laquelle le nom de Jacques Grandclaude surgit sur notre site !

     Jacques fut élève du Lycée Charles de Gaulle à Baden-Baden de 1947 à 1951… Sa vie fut profondément marquée par cet inoubliable séjour en Allemagne, là où naquit sa profonde et fidèle amitié pour Jean-Claude Brialy.

 Notre nouveau venu me confiait :

   “Concernant Jean-Claude il me faudrait un nombre de cahiers incalculables puisque qu’il m’accompagna dans tous mes projets et sociétés… Etant plongé dans les travaux de mémoire dont celle de Jean-Claude… Nous continuerons le combat ensemble… car ton initiative de chercher des témoignages auprès de toutes celles et tous ceux qui l’ont connu est d’une nécessité absolue pour  » retrouver et réhabiliter le vrai Jean-Claude Brialy. Il se trouve que je suis, je crois,  l’ami le plus ancien qu’il ait eu… Nous nous sommes découverts et reconnus en avril 1946, en allant à l’Office de Pâques. “

     Parallèlement ma rencontre providentielle le 29 septembre 2012 avec Madeleine Klümper-Lefebvre du cercle franco-allemande de Baden et

    “ Une conversation à bâtons rompus dans laquelle se mêlaient souvenirs et réflexions, furent à l’origine d’un projet que l’on aurait pu qualifier de fou : Rassembler des témoignages d’anciens élèves français s’étant trouvés à partir de 1945 transplantés dans un pays vaincu et jusqu’alors ennemi. Le but était donc de constituer un dossier, de rassembler des souvenirs, de les partager, de les confronter et de mettre ainsi en évidence la perception que ces jeunes avaient alors de l’Autre et peut-être, éventuellement, l’évolution des mentalités. “

     Lorsque Jacques se manifesta, nous étions en pleine effervescence, nous consacrions tout notre temps à la quête de ces souvenirs… qui vont être publié sous le titre :

 Rencontres inoubliables

De grands rendez-vous avec notre histoire franco-allemande

   L’enthousiasme de Jacques fut immédiat et malgré ses occupations débordantes, il adhéra à notre projet et nous confia, entre autres, ce passage dans lequel il nous décrit son amitié naissante avec Jean-Claude Brialy.

 Jean-Claude Brialy

      C’était un matin de Pâques de 1946. Pour aller au lycée, à la cathédrale, je passais inévitablement devant l’appartement des Brialy qui se trouvait au-dessus du cinéma français au 50 Lichtentalerstraße.

      En général je passais prendre Jacques pour faire le chemin ensemble. Ce jour-là, Jacques n’était pas seul… Il était avec sa Maman que je connaissais, amie de ma mère… mais surtout avec un garçon plus grand que moi, en uniforme militaire bleu. Il avait de l’autorité et beaucoup de prestance… je fus subjugué et impressionné, voire jaloux… Toutes les mamans me trouvaient plaisant, mais là j’avais rencontré plus plaisant que moi et en uniforme !!!  Jean-Claude avait 13 ans, moi 10…

     Étant le plus terrible des deux frères, son père l’avait mis au Prytanée militaire de La Flèche. Il n’était donc pas en vacances, mais en permission… à 13 ans !!!

     Comme sur le plan du caractère, j’étais aussi révolté que Jean-Claude, nos mères n’arrêtaient pas de réfléchir à comment nous maîtriser. L’école militaire semblait convenir aux parents de Jean-Claude. Les miens décidèrent d’en faire autant… c’est à partir de ce jour que Jean-Claude me donna tous les conseils pour que mes parents ne me mettent pas dans cette caserne-école. De là naquit notre si grande amitié qui dura jusqu’à son grand voyage, le 30 mai 2007…

     N’ayant pas réussi à m’enfermer dans cette école militaire, mon père m’inscrivit comme interne au Lycée. L’internat était dans un bel immeuble avec un grand escalier central, au-dessus un immense cadre en verre protégeant un aigle composé d’insectes et de papillons. Un vrai bonheur à chaque passage.

     Interne dans la ville où habite ses parents est un vrai supplice. Mon moral, ma révolte s’amplifièrent… mon père me fit quitter Baden-Baden pour me mettre en pension à Vesoul, là où je suis né, là où habitait la mère de ma mère, soit ma grand-mère maternelle… mais c’est une autre histoire.

     L’année suivante, mon père fut muté à Paris, je n’avais plus de nouvelles de Jean-Claude si ce n’est par sa mère qui téléphonait à la mienne.

     Les deux révoltés entrèrent dans le monde du spectacle, se retrouvèrent à la fin des années 50… Et ne se quittèrent plus jusqu’au grand départ.

     Baden-Baden marqua à jamais Jean-Claude comme moi… cette relation privilégiée avec cette ville, ses habitants… somme toute ses Allemands, leur si belle culture, leur manière d’envisager un monde de paix et de fraternité construisit ce que Jean-Claude et moi sommes devenus.

     Cette culture entraîna mon père à me faire apprendre le piano, pour jouer, Beethoven et Schubert. Ma professeure de piano, Madame Wilken Champiomont devint une grande amie.

     C’est grâce à cette amitié que je pus réaliser le scoop de ma vie, l’interview exclusive du Général Von Choltitz qui habitait Baden-Baden, c’était en 1964.

     À chaque passage à Baden-Baden, Jean-Claude m’envoyait une carte postale ou un petit mot.

     Baden-Baden est pour moi aussi important qu’était Epineuil le Fleuriel pour Alain Fournier. Somme toute, Jean-Claude fut et restera toujours mon Augustin Meaulnes… et c’est à Baden-Baden que cette rencontre lumineuse eut lieu.

Elle n’a cessé d’habiter ma vie.

(Extrait de Rencontres inoubliables)                                         

Jacques Grandclaude

      Jacques Grandclaude fit une brillante carrière dans le monde du spectacle et continue son combat… successivement Journaliste, Cinéaste, Producteur, aujourd’hui Président du Conseil d’Administration de GENESIUM à Mons, fondation qui se bat pour sauvegarder et restaurer les archives de la Genèse des œuvres et de développer, par la recherche, la compréhension du PROCESSUS et des TECHNIQUES de la CREATION dans les domaines des Arts, Sciences, Techniques et de l’Economie…

     Nous reviendrons ultérieurement sur les nombreuses activités de Jacques qu’il poursuit avec acharnement.

      L’histoire aurait pu s’arrêter là ! Mais Hasard… Coïncidence… providence… ? L’émission « un jour un destin » présentée par Laurent Delahousse envisagea une soirée consacrée à Jean-Claude Brialy.

      Dans sa recherche de témoignages, nous fûmes contactés, grâce à notre site, par la société de production de FR2, qui souhaitait entrer en contact avec des anciens élèves du lycée Charles de Gaulle à Baden Baden, camarades de Jean-Claude Brialy… et de son frère Jacques !

      Jacques Grandclaude n’était-il pas l’interlocuteur idéal ? Il accepta sans hésitations… ce fut un enchantement pour lui de participer à cette émission, son enthousiasme perlait au travers de chacun de ses propos… c’était pour lui une sorte de renouveau qui ravivaient tant de souvenirs et qui lui permettaient de rendre hommage à son ami de toujours. Quelle plus belle

   Parallèlement Jacque Brialy que beaucoup ont côtoyé lors de nos réunions fut contacté par la production… Et prochainement, vraisemblablement après le retour des vacances, vous aurez le plaisir de les voir intervenir sur le petit écran…

 Surveillez votre programme et soyez au rendez-vous le jour J  pour un voyage dans le passé.

JP Bénaut

 Pour conclure voici un poème écrit par Jean-Claude Brialy pour son ami Jacques Grandclaude

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