En passant par Sasbach

     Tous ceux qui ont participé à notre réunion en 2012 en Forêt Noire y sont passés… Tous ceux d’entre-nous qui habitaient Achern y passaient quotidiennement, ce lieu était sur le chemin du lycée, nous parlons de Sasbach où Turenne perdit la vie en 1675.

      Lors de la campagne d’Alsace à Sasbach le 27 juillet 1675, alors qu’il reconnaissait le terrain sur lequel il comptait livrer bataille à l’armée impériale autrichienne commandée par Montecuccoli, le Maréchal Henri de la Tour d’Auvergne, Vicomte de Turenne fut atteint par un boulet ennemi. Atteint à l’estomac, son cheval le ramena sous un noyer, parmi ses gens, où il tomba mort.

Montecuccoli s’exclama :

« Aujourd’hui est mort un homme qui faisait honneur à l’Homme. »    

     Le récit de la mort du maréchal, suivant la tradition populaire, diffère de ce récit historique, « Turenne se tenait sous un noyer, un boulet coupa une branche de l’arbre qui, dans sa chute, mit fin à l’illustre homme de guerre ». 

      Pour la petite histoire Le canonnier impérial Koch qui tira ce boulet, demanda une pension pour son acte héroïque.

      Mais où est le boulet qui tua le maréchal ? Il est exposé dans le petit musée attenant au monument, mais un autre boulet exposé au Musée des Armées à Paris revendique aussi ce triste privilège ! Rassurez vous Turenne ne mourut qu’une seule fois !

      (En 1760, le cardinal de Rohan, seigneur d’un fief qui s’étendait jusqu’à Sasbach, fit élever une stèle triangulaire à l’endroit précis où Turenne tomba. Cette stèle en grès rose de 1m40 de hauteur est toujours visible de nos jours. Elle porte sur ses faces trois inscriptions, en allemand, en français et en latin, disant « ici fut tué Turenne 1675 ». Le cardinal fit don à la France de l’emplacement qui entourait la stèle.

      En 1782, le successeur et neveu du cardinal y fit construire le premier monument important d’une hauteur de 18 mètres. Reconstruit sous l’impulsion du gouvernement français en 1829 et détruit en 1940 par les Allemands, un troisième monument vit le jour en 1945, l’obélisque  se remarque au fond d’une grandiose allée arborée. Il fut inauguré le 5 octobre de cette année par le Général de Gaulle.

      Le domaine, agrandi par des achats de terrains successifs, 115 lors de la vente, possédait également une maison-musée abritant un  gardien.

    En 1814 le général russe Miloradowitch fit relever par un détachement de ses troupes l’invalide français gardien du mémorial. Les nations et les régimes avaient unanimement honoré Turenne. Il a fallu, après 1870, cette étrange perversion du patriotisme dont 1940 offrira le triste paroxysme, pour que la présence sur le sol allemand du monument élevé au probe courage d’un adversaire apparaisse comme une intolérable souillure dont il faut effacer jusqu’à la trace. Dans ses grotesques efforts pour arracher de l’histoire la page écrite par le grand soldat, un nabot de l’esprit tel que le gauleiter* Robert Wagner, de son vrai nom Backfisch – « poisson à frire » , entendez « jeune fille » – a donné la mesure de sa haine impuissante. (Présence française en Allemagne  Claude Albert Moreau)

     Le 18 mai 1998, le domaine, à l’exception du monument, a été vendu par l’Etat français, représenté par le Consul Général de France à Stuttgart, à la commune de Sasbach en présence des autorités civiles et militaires et du représentant du général commandant la 1er DB et les FFSA. (Forces Françaises Stationnées en Allemagne)

     Un article anecdotique sur ce sujet a déjà été publié dans notre gazette,

Le Lire

  * Le Gauleiter est à la fois responsable régional politique du NSDAP (National Sozialistische Deutsche Arbeiter Partei), et responsable administratif d’un Gau, subdivision territoriale de l’Allemagne nazie.

 

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