Baden-Baden dans le cœur des Français

(Promenade Historique à travers Baden-Baden de Raymond Sereau et Henri Gayot ) 

     Pendant le XIX ème siècle, en dépit des révolutions de 1848 et 1849, le Grand-duché eut une existence heureuse et prospère. C’est alors que Baden-Baden devint une ville d’eau d’une réputation mondiale.

      En 1830, l’influence française commence à dominer et va aller en s’amplifiant jusqu’en 1870. Tout d’abord Musset, Gérard de Nerval, Alexandre Dumas, Eugène Sue, Edmond About, Victor Hugo firent le voyage de Baden qui sembla faire partie du programme romantique ; puis les directeurs français du Kurhaus, Jacques et Édouard Oscar Bénazet, son fils. convièrent à Baden, tout ce que Paris comptait de littérateurs, d’artistes et de politiciens.  

     La Belle Époque de Baden-Baden commence.

     Thiers y séjourna et cet homme d’état, qui ne fut pas toujours prophète, déclara en 1858, lorsque la construction du pont de Kehl fut décidée :

“Quand le pont de chemin de fer sera fait, Baden sera la principale maison de campagne des Parisiens“

     Cette fois il disait vrai et Baden fut même davantage, selon le mot d’Eugène Guinot,

“ l’Europe eut alors deux capitales : une d’hiver : Paris, une d’été : Baden. “

     La seconde est d’ailleurs la succursale de la première, car presque tout est français à Baden, pendant le second empire : les noms des hôtels sont français, les menus sont en français, au théâtre la plupart des acteurs sont français, il y a même un journal français ; on copie les modes et les manières françaises ; le bon ton est donné par Paris.

     Mais Baden n’en reste pas moins une ville internationale : la liste des étrangers était un supplément de l’almanach de Gotha et « de même que toutes les rivières vont à la mer,  toutes les jolies femmes venaient à Baden » apportant des quatre coins du monde leur élégance et leur originalité.

     Baden connut alors son apogée.

     Cette belle période, qui fut appelée “le Franzosenseit“, prit fin en 1870. Dans la suite, la vie brillante continua à Baden-Baden, mais elle n’eut jamais l’éclat quelle avait alors.

     Toutefois, le charme de la ville d’eau badoise n’est pas fait uniquement d’agitation mondaine et, en août 1913, Anatole France pouvait écrire : “Combien j’ai eu tord de ne pas aller plus tôt dans cette charmante ville de Baden-Baden, si abondante en promenades délicieuses“

     Une promenade, nous allons en faire une dans le passé de Baden-Baden ; espérons qu’elle ne sera pas trop fastidieuse, celle-là.

    En tout cas, nous la ferons en compagnie d’un guide avisé, M.Heinrich Berl, dont les ouvrages nous ont fourni des renseignements précieux que nous avons largement utilisés.

    Nous nous sommes également servis de l’ouvrage du Dr .H.Luckenbach (Baden in Kunst und geschichte) et des œuvres de M. Otto Linde (Kunstdenkmäler Badens etc…)

  Cette visite de Baden se fera au pas le pas dans les semaines à venir, vous serez parfois surpris de découvrir les secrets de lieux qui vous ont peut-être été familiés.

 

 

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