Allocution Robert popille

Baden-Baden le 8 novembre 2014

Mesdames, Messieurs, chers Amis

     C’est pour moi un grand honneur et un grand plaisir de participer aujourd’hui, avec vous, à cette manifestation d’amitié entre nos deux communautés, allemande et française, à l’occasion de la publication de l’ouvrage « Rencontres inoubliables » de Mme Madeleine Klümper-Lefebvre.

     L’association des anciens du Lycée Charles de Gaulle à Baden-Baden que j’ai l’honneur de représenter, est heureuse de voir l’aboutissement du projet initié il y a deux ans maintenant, ici même à Baden-Baden, par Madeleine Klümper-Lefebvre et Jean-Pierre Bénaut, président d’honneur et fondateur de notre association.

    En fait, ce projet avait pour but de rechercher et recueillir les témoignages des jeunes adolescents que nous étions au moment de notre arrivée en Allemagne dans l’immédiat après-guerre, pour en transmettre la mémoire.

    Près de soixante-dix années se sont écoulées depuis lors, et nombre de souvenirs de notre vie quotidienne de l’époque sont aujourd’hui effacés de nos mémoires. Était-il encore possible de retrouver aussi facilement le souvenir intact et précis d’une enfance et d’une adolescence maintenant si éloignées avec le temps ? C’était en tout cas mon interrogation.

    C’était bien là toute la difficulté du challenge que devaient affronter Madeleine Klümper-Lefebvre et les nombreux contributeurs au projet pour mener à bien le travail de mémoire qu’elle voulait entreprendre. Ce travail fut cependant mené avec beaucoup d’efficacité et de ténacité, et c’est à la lecture de l’ouvrage que je m’aperçois, aujourd’hui, à quel point le pari a été brillamment tenu.

     Tous ces témoignages, très différents les uns des autres, présentent néanmoins un trait commun, à savoir leur caractère unique lié à la diversité des situations dans lesquelles les uns et les autres se trouvaient, chacun à travers sa propre histoire personnelle et familiale. Mais aussi par la diversité de perception que chacun avait pu ressentir subitement confronté à ce pays inconnu qu’était l’Allemagne, à sa langue, à ses habitants, tout aussi mal connus et surtout mal perçus dans le contexte d’une époque éprouvante et douloureuse pour nos deux pays, immédiatement après le terrible conflit qui venait de s’achever.

    La plupart de ces récits montre bien que cette confrontation désormais pacifique qu’imposait la présence sur le sol allemand non seulement des troupes françaises mais aussi – et surtout – des familles qui les accompagnaient, avait fait naître des relations nouvelles et amicales qui changeaient progressivement le regard porté sur « l’autre », qu’il soit Allemand ou Français, et s’accompagnaient au fur et à mesure d’un changement des esprits et des mentalités. Dès lors, dans une nouvelle Europe qui cherchait à se reconstruire, on ne pouvait plus se considérer les uns et les autres en vainqueurs ou vaincus, mais bien comme des alliés qui, d’égal à égal, commençaient à tisser les liens d’une amitié solide et durable avec le temps. Une amitié qui reste aujourd’hui pour nos deux nations, toujours aussi forte et présente près de soixante dix ans plus tard.

     Je tiens à remercier Mme Madeleine Klümper-Lefebvre pour cet ouvrage remarquable dédié à notre mémoire commune ainsi que les nombreux contributeurs, dont Madame Yvette Isaac, Monseigneur Grégoire et Jean-Pierre Bénaut, membres de notre association qui ont activement collaboré à ce projet. Mes remerciements vont également à Monsieur le député Pierre-Yves Le Borgn’, représentant les Français de l’étranger, pour sa précieuse collaboration et les moyens qu’il nous a fournis pour la parution de cet ouvrage.

     Je vous remercie pour votre attention.

 Robert Popille Président de l’Association « Anciens du Lycée Charles de Gaulle à Baden-Baden »

 

 

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