Un nouveau citoyen d’honneur à Baden-Baden

  Bientôt un nouveau “ Citoyen d’Honneur à Baden-Baden“

     La ville de Baden honore régulièrement les résidents qui se sont, essentiellement, distingués sur le plan culturel et qui ont contribué au rayonnement de la ville. La trentième nomination va avoir lieu prochainement en janvier 2015.

 Cette personnalité, qui bénéficie d’une renommée internationale, est française… Il s’agit du grand chef d’orchestre Monsieur Pierre Boulez, demeurant à Baden… âgé de 89 ans, il est l’un des premiers et des plus grands représentants de la musique moderne.

    Pierre Boulez, en tant que chef d’orchestre symphonique de la radiodiffusion de Baden-Baden, débuta sa carrière internationale en 1959 à l’occasion du festival de musique moderne à Donaueschingen.

  Rappelons que la radio diffusion de Baden-Baden (la SüdwestFunke) fut fondée par le Gouvernement Militaire Français immédiatement après la guerre. Pierre Ponnelle alors officier chargé des affaires culturelles, en fut l’un des principaux instigateurs. Souvenez-vous de son fils Jean-Pierre, ancien élève du Lycée Charles de Gaulle, qui réalisa le triptyque “la descente de la croix“, pour l’église Notre Dame de la paix à Baden-Oos.

    Pierre Boulez fut déjà honoré, entre autres, par le Président de la République fédérale allemande et reçut le prix culturel franco-allemand. 

    La ville de Baden-Baden célèbrera prochainement Pierre Boulez au Palais des festivals. Il est considéré comme étant le plus célèbre compositeur, chef d’orchestre et le plus grand citoyen contemporain de la ville de Baden.  

       La philharmonie de Paris ouvrira ses portes en janvier 2015 et célèbrera les quatre-vingt-dix ans de Pierre Boulez en consacrant une exposition  à son œuvre.    LIRE

   Trois autres Français reçurent aussi cette distinction. Trois Français qui vécurent à Baden-Baden, s’y distinguèrent, y moururent, y furent enterrés.

    Un peu d’histoire :

    En 1838 Louis Philippe fit fermer le casino dans le quartier du Palais-Royal à Paris. Son directeur s’appelait Jacques Bénazet. C’est à Baden-Baden que J. Bénazet s’installa alors et y obtint la concession du casino. En homme d’affaires averti, il redonna vie à la salle de jeu en attirant les personnalités du monde entier, la haute société, les hommes d’affaires, les politiques, les hommes de lettres, les musiciens… et pour donner un cadre de villégiature digne de la ville, il aménagea le magnifique “Kurpark“. Le 9 octobre 1840 Edouard Bénazet fut élevé à la distinction de Citoyen d’Honneur.

   À sa mort en 1848, la voie était ouverte à son fils Édouard Oscar Bénazet qui donna à la ville ses lettres de noblesse. Baden devint le lieu de rendez-vous mondain de la belle société internationale, on y parlait français, on y vivait à la française, la ville accueillait les troupes théâtrales venues de Paris… Comme son père, Edouard Bénazet finançait le Kurhaus, la Trinkhalle mais aussi la construction de l’hippodrome, le théâtre sur la Goetheplatz, ainsi que de nouvelles salles de jeu. Edouard Bénazet fut nommé Citoyen d’Honneur le 1er septembre 1851 et mourut en 1867.

Son parent, Jacques Emile Dupressoir, prit la relève. Emile Dupressoir fut élu Citoyen d’Honneur le 6 novembre 1872, alors que le traité de Versailles venait de mettre fin au conflit franco-prussienne. Mais les temps avaient changé ! Les Français désertèrent Baden-Baden, ce fut le déclin de la « Belle période ».

      Le dernier Citoyen d’Honneur en date a été Frieder Burda, un fils du magna de la presse allemande Franz Burda. Frieder Burda construisit dans le parc du Kurhaus le musée qui porte son nom, là où en 2006, lors de notre réunion annuelle, nous avions visité cette très belle exposition sur l’œuvre de Marc Chagall. Le musée fête cette année ses dix années d’existence.

    Si Baden-Baden a eu ses années de lumière et ses années sombres, elle n’en est pas moins restée une ville particulièrement attractive en tant que centre de villégiature, station thermale, par la qualité de ses festivals internationaux et pour son cadre verdoyant de la Forêt Noire.

    Si, depuis notre découverte de la ville dans les années 1945… nous avons pris quelques rides, la ville elle, ne cesse de rajeunir.

JP Bénaut

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