Qui est Louis Lepoix ?

     Dans l’article “Que reste-t-il de notre bon vieux bahut ?“ publié par M. Cano dernier Proviseur en date de notre lycée, nous avions appris qu’il abrite, entre autres, les annexes de deux excellents lycées professionnels de la ville qui, tous deux, portent le nom de Français connus, voire célèbres, à savoir le lycée Robert Schuman, à vocation commerciale et juridique, et le lycée Louis Lepoix qui fait un travail remarquable dans tous les domaines du design…   

     Certains ont la chance de retourner à Baden, de notre ancien lycée émane alors une sorte de magnétisme. Rares sont ceux qui effectuent ce pèlerinage, sans venir flâner, avec une certaine émotion, sur ce lieu devenu presque mythique. En l’espace de quelques minutes réapparaissent les visages de nos camarades, de nos profs… des voix, des mimiques, des regards parfois encourageants, parfois réprobateurs… des joies, des déceptions… mais l’espoir nous habitait toujours. 

    Mais qui d’entre nous, lors de ces escapades, sait qui est Louis Lepoix, ce Français qui a donné son nom à l’une des écoles ?

     À vrai dire, je n’en avais jamais entendu parler lors de notre séjour et pourtant ! Ce génie des temps modernes, de renommée internationale, a œuvré toute sa vie dans le design industriel et le graphisme. Cet homme est né un crayon à la main, il ne l’a jamais quitté, tout objet est pour lui une source d’inspiration, toute silhouette humaine lui inspire une esquisse.

    Louis Lepoix est né en 1918 non loin de Lyon, son Père spécialiste de mécanique lui transmit cette passion dès son premier âge. Il fut immédiatement attiré par les énergies éoliennes et solaires, l’hydroélectricité et la transmission mécanique.

     Dès son adolescence il voulut être styliste, à 16 ans Louis Le Poix étudia le dessin et l’architecture à l’École des Beaux Arts de Lyon, puis en 1936 il enseigna à l’Institut Ampère de cette même ville et s’inscrivit à L’École du Génie Civil à Paris pour devenir ingénieur en Aéronautique.

     Juste avant la déclaration de guerre, il déposa son premier brevet, il n’avait que vingt ans.

    Pendant la Seconde Guerre mondiale il continua ses études par correspondance, tout en occupant des responsabilités dans une entreprise industrielle, sans pour autant abandonner son activité de designer.

   À la fin de l’année 1945, il fut nommé chef de département dans un atelier de réparation automobile de l’armée française dans l’ancienne usine Zeppelin à Friedrichshafen, il y apprit la langue et la culture allemande et s’intéressa au design automobile. Il travailla, entre autres, pour la Bugatti 101 qui sortit des usines de Molsheim en 1951.

    En 1952 l’armée l’employa à Baden-Baden au siège des Forces Françaises en Allemagne. Il y travailla pour des entreprises en tant que conseiller technique et artistique.

   Il quitta l’armée en 1954 et créa son entreprise à Baden-Baden. Louis Lepoix œuvra dans de multiples secteurs d’activités, l’automobile, les transports en général, le mobilier de rue, la radio, les appareils de mesure… sa réputation devint internationale, son savoir-faire, ses compétences… étaient même requises outre atlantique…

    Ce qui ne l’empêcha pas de faire un séjour prolongé à Barcelone de 1965 à 1977.

    Son crayon était son compagnon… un carnet ! Un coup d’œil ! L’objet prenait immédiatement forme sur le papier… Louis Lepoix mariait l’art aux techniques industrielles ! Un artiste industriel…

    En 1997, un an avant la mort de Louis Lepoix, la ville de Baden-Baden rendit hommage à ses 50 années de créativité et d’esthétique technique, par une grande exposition.

    Neuf ans après sa mort, le 29 novembre 2007, l’école technique inaugurée, dans les anciens locaux du lycée Charles de Gaulle, fut baptisée “ Louis Lepoix“.

    Cela méritait d’être évoqué, pour vous, qui de temps à autres, êtes amenés à retourner sur ce lieu… vous ne serez pas dépaysés ! Quelques centaines de mètres plus loin, vous y retrouverez de grands noms de la littérature française tel que Balzac, Camus, Voltaire, Zola, Dumas… hommage rendu à nos écrivains qui ont accroché leur nom aux plaques de rues.

    La ville de Baden a su se donner une dimension européenne. La construction de l’amitié franco-allemande ne s’est pas faite uniquement dans les coulisses du pouvoir ou par des traités signés, de façon médiatique, dans des hôtels de luxe, mais aussi dans les écoles et dans la rue, sans oublier les échanges culturels permanents du cercle franco-allemand de Baden-Baden.

JPB

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