La Princesse de Trébizonde

     En ce 31 juillet 1869 les spectateurs, parmi lesquels se trouvent quelques têtes couronnées, vont voir évoluer sur les planches du « Kurtheater » de Bade, appelé aussi “ le petit théâtre “, un opéra bouffe que pour notre part, nous allons à notre tour pouvoir applaudir dans notre TBB ! Et cela, donc, puisque nous voilà en 2015, 146 années plus tard.                                                

    La pièce, dont je veux vous entretenir ce soir, est un opéra-bouffe, spécialement conçu pour notre ville qui, au XIXe siècle se targuait non seulement du titre de  «  Capitale d’été de l’Europe », mais aussi…

et ce que l’on oublie souvent de mentionner de nos jours, de « Faubourg de Paris ». Et en effet, cela était le cas en été, saison qui était, dans la capitale française, la saison morte, les théâtres et autres lieux de distraction et de réjouissances affichant pour la plupart « Relâche », et que de nombreux Français, la plupart du temps Parisiens, se retrouvaient dans cette petite villégiature de la Forêt Noire.

     Or, le sieur Bénazet, directeur du Casino de notre ville, de même que son successeur Emile Dupressoir, avaient à cœur d’offrir aux Parisiens et autres personnes fuyant les capitales quasiment endormies durant les mois d’été, des spectacles attrayants capables de les retenir assez longtemps à Bade pour faire prospérer leur entreprise .

     Jacques Offenbach, reconnu aujourd’hui comme l’un des plus grands compositeurs du XIXe, était au faîte de sa gloire dans la capitale française. Il était connu, en tant que roi de l’opéra-bouffe, comme un amuseur hors ligne. On savait que le répertoire d’Offenbach produisait « l’entrain qui soulève une salle, les gros éclats de rire qui plaisent aux uns, l’esprit parisien qui charme les autres et la note tendre qui plait à tous, parce qu’elle vient du cœur et va droit à l’âme », comme l’écrivit le journaliste, chroniqueur et dramaturge, rédacteur au journal Charivari puis au Figaro et qui écrivit pour les « Salons », Albert Wolf, son compatriote, ayant tout comme lui choisi Paris comme lieu d’action.

      Quoi donc de plus normal que de s’adresser à Jacques Offenbach, et de le prier de venir à Bade présenter quelque chose d’encore inédit.

   L’œuvre que composa alors Jacques Offenbach, conçue donc tout spécialement pour le théâtre de notre ville et qu’il vint présenter le 31 juillet 1869 avec son propre ensemble des Bouffes Parisiens, et que, de plus il dirigea lui-même durant les trois représentations de cette année-là, était un opéra-bouffe comportant deux actes, et avait pour titre “ La Princesse de Trébizonde “. Ce fut un énorme succès.

     Ce qu’il faut à présent souligner, c’est que ce fut seulement le 7 décembre de cette même année que le public parisien put, lui, applaudir la pièce, sous sa nouvelle mouture, qui comportait à présent trois actes au lieu de deux. Cette œuvre fit bientôt le tour du monde remportant partout le même succès. Puis, elle resta fort longtemps négligée, ce que nous ne comprenons toujours pas… Elle semble à présent avoir été   redécouverte et jouir d’un regain d’intérêt, et cela pas seulement à Baden-Baden.  

(Illustration Badisches Tagblat du 18 mars 2014)                                                                   Madeleine Klümper-Lefebvre     

 A noter : Les représentations auront lieu ;

  • les  28, 31 mars et 5 avril avec les “Berliner Philharmoniker”, et  les 15 , 16, 17, 26, 27, et 28 mai, 
  • plus les 6 et 7 juin avec la” Philharmonie Baden-Baden”.

N’hésitez pas à passer un weekend à Baden, le fleurissement des parcs y sera à son apogée… égayé par les airs endiabblés d’offenbach !

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