Le Kurtheater de Baden

    Dernièrement vous avez pris connaissance, sur notre site, de l’article sur La Princesse de Trébizonde, dont la première a eu lieu au “Kurtheater“ de Baden-Baden le 31 juillet 1869, devant un parterre de têtes couronnées. Cette pièce rayonna par la suite sur le tout Paris, mais elle ne fut pas la seule…

    Le Théâtre, l’un des plus prestigieux d’Allemagne, fut construit entre 1860 et 1862, exemple de l’architecture française néobaroque, il s’est prêté idéalement à la première de l’opéra de Berlioz :  » Béatrice et Bénédictine  » ; Opéra qu’il composa inspiré par la pièce de Shakespeare “ Much Ado about Nothing” (“Beaucoup de bruit pour rien“)

    Cet opéra répondait à une commande d’Edouard Bénazet, homme d’affaires français enrichi par les jeux de hasard. Après avoir financé le Kurhaus et la Trinkhalle, Baden-Baden doit au mécène, non seulement l’hippodrome et le théâtre sur la place Goetheplatz, mais aussi les salles de jeu inaugurées en 1855 dans l’aile droite du Kurhaus.

    Devenu directeur musical du théâtre de Baden-Baden, E.Bénazet commanda à Hector Berlioz son célèbre opéra, pour l’inauguration du Kurtheater. La première eut lieu avec un grand succès le 9 août 1862, sous la direction du compositeur lui-même. Œuvre qui allie verve, humour, légèreté, tendresse et poésie mais qui dut attendre 1890 pour être enfin jouée à Paris, soit plus de 20 ans après le décès de son compositeur.

    De la pièce de Shakespeare, le compositeur n’a retenu qu’une partie : l’intrigue secondaire qui met en scène les personnages de Béatrice et Bénédict, gais et spirituels, qui se déchirent dans de brillantes joutes oratoires alors que tout semble pourtant devoir les rapprocher.

    Le compositeur écrivait à son fils : « Je n’ai pris qu’une donnée de la pièce ; tout le reste est de mon invention. Il s’agit tout bonnement de persuader Béatrice et Bénédict (qui s’entre détestent) qu’ils sont chacun amoureux l’un de l’autre et de leur inspirer par-là, l’un pour l’autre, un véritable amour. C’est d’un excellent comique, tu verras. Il y a en outre des farces de mon invention et des charges musicales qu’il serait trop long de t’expliquer »

 

 

 

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