La guerre est finie

          En 1945 la plupart d’entre nous étaient de jeunes enfants. Certains vivaient au Maroc (c’était le cas de ma famille ) merveilleux pays où les échos de la guerre nous parvenaient à peine(à nous les enfants !). Oui, on savait que l’Allemagne nous faisait la guerre… des histoires horribles circulaient parfois… C’est d’ailleurs à cause des Allemands que mon papa était loin dans son avion (radio de bord ) où il faisait la guerre pour défendre la France !

   Cliquez sur la photo pour lire l’article de presse

   Ma maman attendait… attendait… en lisant les journaux « LE COURRIER DU MAROC  » et « LA VIGIE MAROCAINE »… et comme j’essayais toujours de lire par dessus son épaule, elle finit par m’apprendre à lire… avec ces journaux ! Non, elle n’était pas instit… elle fit ce qu’elle put sans savoir que sa méthode s’appellerait un jour :

« méthode globale » !

    Mais là n’est pas le sujet : bien sûr elle me cachait les articles qui parlaient de la guerre  et de cette terrible Allemagne .

    Et voilà que le hasard me fait tomber sur ces articles !!!!!!

    Ah… quelle leçon!

    Car comment aurions nous pu  imaginer, nous et nos parents, en 1945 qu’un jour nous y serions envoyés dans cette Allemagne qui nous terrorisait et que nous haïssions ?

    Et que nous y serions HEUREUX, découvrant un pays magnifique et un peuple qui, peut-être parce qu’il souffrit autant que nous de cette guerre,  devint un peuple ami  ???

     Sait -on jamais de quoi demain sera fait ?

 Voilà un article d’Yvette Isaac, accompagné d’une coupure de presse datant du 8 mai 1945, qui nous rappelle un passé à la fois proche et lointain. Un passé douloureux pour les peuples d’Europe, un passé dont les acteurs, en grande partie, ont disparu mais ils nous ont laissé un héritage inestimable… la paix en Europe ! A nous de la préserver !
L’histoire a voulu que nous, nous les enfants de cette génération de combattants, nous soyons amenés à vivre dans l’Allemagne d’après guerre… à cette époque c’était une véritable aventure, aller vivre au milieu d’une population qui hier était notre plus féroce ennemie !
Si toutefois les relations furent tendues dans un premier temps, le respect et l’estime triomphèrent et se transformèrent souvent en une solide amitié.
« Il faut comprendre les Allemands pour les aimer, mais il faut aimer les Français pour les comprendre ». Cette phrase de l’écrivain Kurt Tucholsky, fut citée dernièrement, par Madame Margret Mergen, lors de la cérémonie du 60e anniversaire de la création du Cercle franco-allemand de Baden-Baden. Citation qui résume parfaitement nos visions réciproques.
Il y a un autre élément intéressant dans les écrits d’Yvette, Yvette venait du Maroc, d’autres de Tunisie, d’Algérie, d’AOF, d’extrême orient… certes ils ne connaissaient pas l’Allemagne… mais connaissaient-ils la France ? Combien d’entre nous étaient nés outre-mer ? Nous nous sommes tous retrouvés dans un même creuset social et culturel, situation unique dans les anales de l’histoire, la découverte de l’autre n’était pas uniquement celle de l’Allemand mais aussi celle de nos camarades français.
Petite remarque amusante, il arrivait que dans une fratrie, aucun des membres ne soit né dans le même pays.
JP Bénaut

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