Né Européen

    Il y a quelques temps l’un d’entre vous m’a adressé  une  photo de l’hôpital de Bülh, qu’il en soit remercié ! tout cela est bien lointain mais j’étais incapable de me souvenir du nom de cet hôpital… cependant qui d’entre-nous n’y a pas fait une petite visite, ou ne l’a  aperçu perché sur les premiers contreforts de la Forêt Noire ?

     Ma curiosité étant aiguisée,  je cherchais sur Interne… il s’appelait  Francis Picaud !

    A cette occasion je pris connaissance d’un article sur un homme d’exception, le Général Raymond Bolzinger, né européen en 1901 et qui consacra sa vie à la recherche médicale.

Mais quel lien y a t-il avec l’hôpital de Bühl  ???  Lisez la suite… (Jean-Pierre Bénaut)                                

    RAYMOND BOLZINGER est né le 21 avril 1901 à Saint-Agnan, en Moselle,  ses études à la Real-Schule, commencées sous le règne de Guillaume II, l’emmenèrent à l’Abitur (Baccalauréat allemand). Raymond Bolzinger était un exemple type de cette génération, née sous l’annexion, qui avait sucé l’amour de la France avec le lait maternel, malgré l’école germanisée, il avait parfaitement assimilé non seulement sa langue maternelle, mais aussi la littérature française tout en retenant de la culture allemande ce que celle-ci peut avoir d’universel. Cette formation lui permit de poursuivre brillamment ses études à la Faculté de Médecine de Strasbourg, redevenue française…

    Il se voua d’emblée à une double vocation de servitude et de grandeur militaires et médicales. Ses études de «Santard» furent couronnées en 1924 à Lyon par une thèse sur la radioactivité des eaux minérales qui fait de lui le plus jeune docteur en médecine de France. S’en suivit un brillant stage au Val de Grâce…

    Puis il s’oriente définitivement vers l’étude de la bactériologie, de l’épidémiologie et de l’hygiène, spécialités pour lesquelles il avait obtenu plusieurs diplômes à la Faculté de Médecine de Lyon.

   En 1939, le Médecin Commandant Bolzinger reçoit le commandement d’un Groupe Sanitaire de la Région fortifiée, puis la direction du Centre des Contagieux de la 3ème Armée,

    Après l’Armistice, il poursuit son activité scientifique en liaison avec la Faculté des Sciences de Strasbourg, repliée Dans cette ville…

    Il s’engage alors dans la résistance contre l’envahisseur. Ces circonstances motivèrent son arrestation par la police allemande du 1er octobre 1943 au 10 décembre 1943, dans des conditions de captivité qui devaient aggraver considérablement son état de santé déjà fragilisé par ses affections tropicales…

    Peut-être, dans les circonstances qui amenèrent la libération du Médecin Commandant Bolzinger, a joué, pour une fois, entre ennemis, un reste d’esprit chevaleresque et d’honneur militaire. En effet, fidèle à son Serment d’Hippocrate et à l’esprit, comme à la lettre, de la Convention de Genève, le Commandant Bolzinger avait été antérieurement appelé en consultation au chevet du général de division allemand Stud. Son avis pertinent avait permis d’établir un diagnostic précis et un traitement qui sauva la vie de ce général…

    Raymond Bolzinger a toujours pensé que c’était vraisemblablement l’intervention reconnaissante de celui-ci qui lui avait permis d’échapper in-extremis au sort qui fut celui de certains camarades de son groupe. Sans doute, treize ans plus tard, se rappelait-il cet épisode, lorsque, sur la terre allemande, inaugurant l’Hôpital Militaire de Bühl, il rappelait la devise de la Croix Rouge «INTER ARMA CARITAS»

    En 1944, il rejoint le terrain d’opérations d’Alsace de la 1èr Armée Française, combattant pour la libération du territoire.

    Le Médecin Colonel  Bolzinger reçoit en 1956  la direction des Services de Santé des Forces Françaises en Allemagne. C’est là qu’il fait construire à Bühl l’Hôpital Complémentaire  d’Armée « Francis-Picaud ». Cet établissement modèle, supérieurement équipé, est destiné aux soins des Forces Françaises d’Allemagne  et  des familles des militaires français. Il marque la trace de son passage sur la terre allemande. Il est nommé Médecin Général en février 1958.

Extraits  de l’oraison funèbre par le Docteur Jean-Marie ROUILLARD

Décédé le 10 mai 1983

  • Commentaires :

Ah cet hôpital !!

Si je le connais ?

Mon fils Sylvain y est né le 24 Novembre 1966…

J’ai vraiment regretté sa destruction car il était splendide et le corps médical très compétent et accueillant.

Yvette Isaac

***

Je suis très intéressé par cet article très détaillé sur le général Boltzinger. D’une part, j’ai été camarade de classe pendant 2 ans au collège avec son fils (dont je ne me souviens plus du prénom). Il était dans toutes les matières, catéchisme compris, le meilleur de tous ! Quand on voit le parcours du père, on comprend le talent du fils.
Et surtout, j’ai eu besoin, comme cela arrive parfois dans la vie, d’un coup de main (ou coup de piston, si vous préférez), pendant mon service militaire, alors que son père, donc le général, était en poste à Metz en 1960. Il m’a accueilli avec une gentillesse incroyable, alors que moi, simple bidasse, j’osais m’adresser à un général, sans passer par la traditionnelle voie hiérarchique . Paix à son âme, car je pense qu’il n’est plus de ce monde, maintenant.

Michel Casse      mgcasse@hotmail.fr

Une réflexion au sujet de « Né Européen »

  1. Je suis très intéressé par cet article très détaillé sur le général Boltzinger. D’une part, j’ai été camarade de classe pendant 2 ans au collège avec son fils (dont je ne me souviens plus du prénom). Il était dans toutes les matières, catéchisme compris, le meilleur de tous ! Quand on voit le parcours du père, on comprend le talent du fils.
    Et surtout, j’ai eu besoin, comme cela arrive parfois dans la vie, d’un coup de main (ou coup de piston, si vous préférez), pendant mon service militaire, alors que son père, donc le général, était en poste à Metz en 1960. Il m’a accueilli avec une gentillesse incroyable, alors que moi, simple bidasse, j’osais m’adresser à un général, sans passer par la traditionnelle voie hiérarchique . Paix à son âme, car je pense qu’il n’est plus de ce monde, maintenant.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.