L’insomnie des étoiles

Un vaste domaine qui jouxtait la ville d’Achern. Beaucoup d’entre vous y ont habité…  y sont passés, ou en ont entendu parler !

    Je vous parle d’Illenau…  (Revoir : La folie des hommes)

    Un domaine entièrement ceint. A son entrée, un muret surmonté d’une grille en fer forgée et une imposante villa ombragée par des arbres centenaires, masquée par des massifs de rhododendrons géants, égayée au printemps par un tapis de myosotis…

    là était la résidence du médecin directeur de ce centre hospitalier… puis une très longue allée arborée traversait plusieurs hectares de vergers et de jardins potager, une approche très bucolique pour un centre « psychiatrique », créé en 1842. La méthode consistait à réinsérer les malades dans la société en leur créant une micro-société dans laquelle ils trouvaient les atouts pour reprendre goût à la vie. Il fut vidé de ses pensionnaires en 1939 suite à l’opération T4 décidée par les nazis.

    A noter qu’Élisa Schlésinger, l’égérie de Gustave Flaubert, atteinte d’une profonde dépression y fit un séjour et y mourut le 11 septembre 1888. Ce centre avait atteint une renommée internationale, beaucoup de pensionnaires venaient de l’étranger.

    Franchissons la seconde enceinte murée au cœur de laquelle vivait une société en autarcie, les malades, le corps médical, le personnel d’encadrement.

Reproduktion fŸr Illenau Kalender Achern

    Une première rangée de bâtiments dans laquelle se répartissait vraisemblablement  l’administration puis Une vaste esplanade centrale utilisée pour les promenades et les activités sportives. Sur le fond deux séries de bâtiments aux façades ocres, disposés en fer à cheval… là étaient la partie hospitalière, l’hébergement, l’infirmerie, la « salle de restauration », les salles de réunions et de concerts, la bibliothèque…

    Chaque malade était incité à pratiquer une activité, selon ses capacités et ses sources d’intérêts, intellectuelles ou manuelles : lecture,  musique, ateliers de travaux manuels, menuiserie, décoration… ou participer au fonctionnement de l’établissement, à la cuisine, à la boulangerie, à la lingerie, à la basse cour ou à la ferme de l’établissement, aux travaux de jardinage, à la cueillette des fruits et légumes…

    Le centre disposait de sa chapelle et en à l’écart à l’orée de la forêt son cimetière.

    Non loin coulait l’Achern, torrent tumultueux qui descendait de la montagne et rejoignait les affluents du Rhin. Les flancs du massif Forêt Noire commençaient juste derrière le site  et s’élevaient vers le Hornisgrinde, le Mummulsee…  en passant par Sasbachwalden charmant petit village typiquement Forêt Noire.

    Par ci par là des fermes isolées sur l’alpage, un centre psychiatrique,  une rivière… C’est dans ce cadre que MARC DUGAIN aurait pu puiser l’inspiration de son roman «L’INSOMNIE DES ETOILES». Son livre semble y avoir plongé ses racines.

    En 1946, les troupes françaises nettoient les derniers foyers de résistance. Dans une ferme isolée une patrouille découvre une jeune femme prostrée à côté d’un cadavre, l’officier intrigué s’intéresse à son cas, la jeune femme terrorisée semble porter un lourd secret… il s’avère que son père avait été interné dans un centre psychiatrique ; après avoir minutieusement enquêté, ce mystère fut élucidé, son père avait été  victime de l’épuration nazie… l’officier rechercha les auteurs de ces meurtres et finit par découvrir le médecin directeur du centre, il s’était déjà fondu dans la nouvelle société allemande.

        Un livre que vous devriez lire, une histoire qui mériterait un film éponyme…

    Bonne lecture à vous tous !                                                                             Jean-Pierre Bénaut

(Cliquez sur les photos)

 

 

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