Silence sur le Rhin

Nein danke, non merci !

En 2015 le député Pierre-Yves Le Borgn’, député de la septième circonscription des Français à l’étranger, couvrant entre autre l’Allemagne, publia un article sur l’enseignement de la langue de l’autre, de part et d’autre du Rhin. Les tendances évoquées ont heureusement été abandonnées… 

Pour mémoire Pierre-Yves le Borgn a été le sponsor de notre livre « Rencontres inoubliables »   

  Voici le contenu de cet article :

Andreas Jung et Pierre-Yves Le Borgn’

    Après la guerre, de part et d’autre du Rhin, les jeunes balayèrent les obstacles. Bien sûr, les frontières entre l’Allemagne et la France furent ouvertes, mais aujourd’hui une nouvelle contrainte linguistique menace : Que la France mette en place la réforme du collège qu’elle prévoit, au lieu de 15 pourcent ce ne seront bientôt plus que 5 pourcent des élèves qui étudieront l’allemand. Une minorité deviendrait groupuscule. Et bien que l’Allemagne ne remette pas en cause le modèle particulier des classes bilangues, un recul constant des cours de français menace là aussi.

    Même dans les régions frontalières franco-allemandes il est parfois difficile de communiquer, c’est pourquoi le bon sens voudrait qu’on apprenne la langue du voisin. Si le dictionnaire d’anglais ne figure pas sur le dessus du cartable, certains parents redoutent déjà le faux départ pour leur progéniture dans un monde du travail internationalisé. La question n’est pas là, dans nos deux pays chaque élève doit apprendre l’anglais ! Mais cela ne remplace pas l’apprentissage de la langue du voisin d’un côté du Rhin comme de l’autre. C’est d’une importance toute particulière : tout d’abord, quand la langue voisine n’est plus apprise c’est le début de l’éloignement. Que deviennent les échanges scolaires, les rencontres de jeunes, les jumelages de villes ? Ils sont progressivement mis en sommeil ; sans enseignement de la langue, pas de volonté d’échange ni de jumelage. Ce sont justement ces contacts qui établissent, bien au-delà de la langue, la proximité et la compréhension et représentent à travers d’innombrables liens humains, l’amitié franco-allemande.

    D’autre part, la langue c’est la culture. Elle est la forme vivante de l’expression quotidienne et l’instrument de la pensée et de la littérature. Des domaines qui ont déjà donné lieu à des débats franco-allemand intenses. Si de part et d’autre la connaissance de la langue fait défaut, le débat s’émousse. Faute de diplômés les programmes d’études franco-allemands seront abandonnés.

    La troisième raison est qu’Allemands et Français sont chacun et mutuellement des partenaires économiques et politiques très importants. Nos modèles économiques sont très étroitement liés et dépendants l’un de l’autre à tous les niveaux. Les initiatives communes des derniers mois ont montré l’extraordinaire signification politique du partenariat franco-allemand comme moteur de l’Europe. Quand la coopération n’est possible que par le biais de traducteurs ou uniquement par le plus petit dénominateur commun de l’anglais, elle finira par en être affectée avec le temps.

    Voilà pourquoi l’évolution actuelle donne des raisons de s’inquiéter. Même comme deuxième langue vivante, l’enseignement de la langue du voisin Rhénan n’est plus une évidence : tandis que le français se maintient encore en Allemagne comme deuxième langue dans les écoles d‘enseignement général, il est nettement dépassé par l’espagnol dans les écoles professionnelles. En France, 85 pourcent des élèves de quatrième choisissent l’espagnol comme seconde langue vivante. L’allemand a été longtemps considéré comme une langue élitiste, l’espagnol est plus facile à apprendre en raison des racines romanes communes et de son caractère plus fort.

    Avec de nouvelles offres bilangues comme l’enseignement multidisciplinaire allemand-anglais, cette tendance a pu être stoppée depuis environ une dizaine d’année. Mais cet acquis va être maintenant supprimé en France. C’est bien là l’objet de notre critique. Nous avons besoin de cette exigence, le français ou l’allemand ne doivent pas être écartés seulement parce qu’ils sont une option parmi d’autres.

    Lorsqu’en 1963 Charles de Gaulle et Konrad Adenauer signèrent le traité de l’Élysée, les deux nouveaux amis se firent une promesse : que nos enfants et petits enfants apprennent la langue du partenaire. Pris à la lettre, cela signifie que les deux gouvernements reconnaissent le rôle essentiel que joue, pour chacun des deux pays, la connaissance de la langue de l’autre dans la coopération franco-allemande. Cela vaut aujourd’hui tout autant qu’hier. Voilà pourquoi ce plaidoyer pour les deux côtés du Rhin : priorité aux écoliers pour apprendre la langue de leur voisin, l’enjeu est important !

     Andreas Jung, député au Bundestag, est président du groupe parlementaire germano-français au parlement allemand. Pierre-Yves le Borgn est député et président du groupe parlementaire franco-allemand à l’Assemblée Nationale française.

Franfurter Allgemeine, 30.04.2015

    Nota : Pour mémoire, cet article fait référence à la présentation de la réforme du collège faite par la ministre de l’Éducation Nationale, Najat Vallaud-Belkacem en mars 2015 ; une réforme visant, entre autres, à réaménager l’apprentissage des langues vivantes en supprimant les sections bilangues en 6ème dès la rentrée 2016.  L’émotion suscitée par cette annonce a soulevé de très nombreuses réactions tant en France qu’en Allemagne… Soyons aujourd’hui rassurés, la mesure n’a pas été appliquée !

Traduction Robert Popille

Bonjour mes amis !
 
La première chose que je fais le matin ,pendant que passe le café … aller voir sur Internet notre site !
 
Et comme cela fait plaisir quand on y trouve un bel article comme celui –là!Pouce levé
 
J’ai fait entrer l’Allemand dans notre famille  avec mon petit-fils Alexandre (en classe prépa à l’heure actuelle !) et je suis très fière de lui car ce n’était pas acquis d’avance vu qu’il est franco–américain… et le voilà qui parle couramment cette belle langue  et qu’il aime ça !
Avec ses parents ils ont découvert Berlin il y a peu… et ils ont aimé ça !
 
Bravo donc à Monsieur Le Borgn’… Robert Popille … et à Jean-Pierre Bénaut  le grand maître de ce site .

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