L’hôtel d’Angleterre

    Récemment dans l’article, « Hôpitaux  et divertissement », vous pouviez lire qu’après la première guerre mondiale, « Les mots étrangers furent sacrifiés au nom du « nettoyage linguistique ». Des termes dont Baden-Baden, ville ouverte au monde, faisait largement usage sans que personne n’en soit choqué étaient devenus tabous. De temps à autre la municipalité faisait pression sur les hôteliers pour rebaptiser un établissement au nom trop évocateur, comme Hôtel « Ville de Paris » ou « Cour de Russie », par une appellation sans rapport avec les belligérants. »

    En voici un exemple caractéristique

L’hôtel d’Angleterre et le destin de l’Europe

  Aussi nous paraît-il intéressant de retracer l’histoire de quelques-uns d’entre eux.

    En premier lieu, nous citerons l’hôtel d’Angleterre, qui de nos jours s’appelle l’Atlantic.

    Jusqu’en 1837, à l’emplacement occupé actuellement par l’Atlantic, on trouvait un vieux et pittoresque moulin, le Rauhmühle.

    A cette époque, la famille Zäberer, qui en était propriétaire, le céda à l’hôtelier Stadelhofer, homme habile qui sut tirer parti de la situation favorable de son établissement pour en faire un hôtel réputé qui abrita fréquemment entre 1854 et 1870, le Prince de Prusse et Bismarck.

    En 1858, ce dernier eut avec Cavour une entrevue au cours de laquelle il fut vraisemblablement question des évènements qui devaient mettre aux prises, l’année suivante, les Franco-Sardes et les Autrichiens et aboutir à l’unité de l’Italie.

    C’est encore à l’hôtel d’Angleterre que Bismarck rédigea son programme politique et, qu’en 1860, pendant le Congrès des Princes, des rois de Saxe, de Bavière et de Wurtemberg se concertèrent en vue d’empêcher l’hégémonie prussienne de s’étendre sur l’Allemagne.

    Leurs efforts n’eurent pas plus d’effet que les conversations qui eurent lieu, trois ans plus tard, toujours à l’hôtel d’Angleterre, entre le Tsar Alexandre II, François-Joseph et Napoléon III.

    On peut donc dire que, dans les salons de l’Atlantic, s’est joué le destin de l’Europe.

 (Promenade Historique à travers Baden-Baden de Raymond Sereau et Henri Gayot )

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