1947 Cohabitation sensible

« Cela aurait pu être pire »

    Pour les habitants de Baden-Baden, Allemands et Français, les premiers temps de l’occupation furent une période très délicate. Il existait de nombreux différents. Il fallait non seulement  « gommer » des deux côtés les conséquences de la guerre, mais pour beaucoup  les souvenirs douloureux  hantait toujours les esprits.

    Aujourd’hui, on peut s’étonner que la situation particulière de Baden-Baden, où stationnaient une multitude de militaires, n’ait pas provoqué d’incidents plus graves. Occupants et occupés s’arrangèrent assez vite dans l’ensemble. Il n’y eut pas d’incidents majeurs. Le mérite en revint aux officiers supérieurs français, et aux fonctionnaires des administrations civiles françaises et allemandes qui recherchèrent le dialogue.

    La fermeté des réactions du commandement français était toujours mise en corrélation avec les agissements allemands en France, le Gouverneur Français Moutenet en avait des souvenirs pertinents…  lorsqu’il ordonnait des sanctions, suite à l’arrachage d’affiches, il faisait réquisitionner des bicyclettes ou faisait imposer le respect lors de l’exécution de l’hymne national français, il invoquait alors les agissements allemands en France pendant la guerre. Comportements que beaucoup de soldats français avaient subis  dans leur patrie.

     Le procès-verbal d’une réunion très houleuse du gouvernement mentionna également la déclaration suivante  :

    « Le gouverneur Moutenet déclara très fermement que la population française avait subi un sort non comparable, nettement plus insupportable. L’Allemagne avait littéralement pillé la France. Si la population allemande ne voulait pas l’admettre, il se chargerait de le lui faire comprendre. Il ferait revenir un bataillon de Marocains à Baden-Baden. Alors la population se rendra réellement compte de ce qu’était la guerre. »

    Ce fut peut-être le fait que la plupart des gens aspiraient à  la paix qui permit d’améliorer la cohabitation des anciens belligérants.

    Otto Flake écrivait à cette époque « Dans cinq ans, dans dix ans, nous comprendrons mieux que les premiers temps d’après guerre faisaient encore partie du conflit, provoquant les réactions les plus violentes… Mais nous devons admettre aussi que cela aurait pu nous toucher beaucoup plus durement. L’un dans l’autre, ce fut une chance d’avoir été occupé par une puissance de même culture. »

Extrait de l’album “Das war das 20 Jahrundert in Baden Baden“                                                                   Robert Erhard

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.