Le couvent de Lichtental

   Après notre passage à abbaye Saint Michel de Bois Aubry, revenons à Baden-Baden pour jeter un coup d’oeil au couvent de la vallée des lumières :    En dehors de ces monuments dans lesquels nous retrouvons, en somme, peu de choses de la construction primitive, l’ensemble d’édifices qui renferme le plus grand nombre de souvenirs de l’époque médiévale est constitué par le couvent de Lichtental, situé à la sorte Est de la ville. 

    A propos de ce nom de Lichtental, il est bon de rappeler sa similitude avec celui de Clairvaux, où s’élève, au Luxembourg, une célèbre abbaye.

    C’est, d’après ses propres annales, en 1245, que le couvent de Lichtental fut fondé par la Princesse Irmengarde, née Duchesse de Brunswick veuve du Margrave Hermann V.

    Selon la légende, l’emplacement aurait été désigné par Saint Bernard de Clairvaux, cent ans plus tôt, lorsqu’il traversa le pays en se rendant de Spire à constance.

    Après la mort du bienheureux  Bernard de Bade, en 1848, le couvent de Lichtenthal  devint le principal  promoteur de sa vénération.

 

    Lors de la réforme, il resta fidèle à la doctrine catholique.

    En 1689 ; il fut préservé et n’eut pas à souffrir de  l’occupation française.

    Au traité de Lunéville en 1801, il devint la propriété de la maison régnante de Bade en dédommagement des pertes subies par elle sur d’autres points.

    En 1925, le couvent fut affilié à l’ordre des Cisterciens et, en 1941, la communauté comptait, au total, 64 religieuses.

    Les édifices du couvent de Lichtenthal comprennent :

 

       L’église conventuelle,

       La Fürstenkapelle

       Et le couvent, proprement dit.

    L’église, construction gothique avec réminiscences romanes, fut construite au XIIIème siècle et le maître autel fut consacré à Hermann V. Nous pouvons voir dans le chœur son tombeau et celui de son épouse Irmengarde, fondatrice du couvent. 

    La nef fut transformée vers 1470 et des embellissements furent apportés à l’église au cours du XVIIIème  siècle.

    La Fürstenkapelle, construite à la fin du XIIIème siècle, fût entièrement rénovée au XIXème siècle. C’est un  peu le Saint Denis des premiers princes de Bade. Les cœurs de neuf margraves y sont déposés. Elle contient le tombeau monumental de Rudolf VI, mort en 1372, et les restes  de 35 membres de la famille des margraves.

    Sur le côté, dans une petite chapelle, sont enterrées les dernières abbesses et dans une autre chapelle repose la Duchesse Hamilton, troisième fille du Grand Duc Charles et de la Princesse Stéphanie.

     La Fürstenkapelle renferme également une statue de St. Bernard que sa nièce, Marguerite de Lichtental, fit sculpter après sa mort, et plusieurs peintures datant de la fin du XIème siècle, remarquables par leur fraîcheur et leur parfait état de conservation.

    Le couvent date du XVIIIème siècle, il a remplacé la construction primitive qui avait été achevée en 1268.

    Des changements partiels y furent apportés au cours des XIXème et XXème siècles.

    A l’intérieur, loin des préoccupations de notre époque agitée, protégées par les reliques de Saint Bernard qu’elles conservent pieusement, les religieuses occupent le temps qu’elles ne passent pas en prières à de minutieux et somptueux travaux de broderie et de peinture, vivant comme vivaient, il y a 700 ans, les compagnes de la Princesse Irmengarde.

    (Promenade Historique à travers Baden-Baden de Raymond Sereau et Henri Gayot )

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