Le Complexe de l’exclusion

Extrait du Florilège à mettre à l’oubli de l’oubli (Direction de l’Enseignement Français en Allemagne)

1er Tableau :

Le 22 février 1946, l’élève G… de la classe de 6ème classique est traduit devant le conseil de discipline du collège X… pour s’être approprié des objets ne lui appartenant pas. Bien que méritant une peine d’exclusion définitive par son indiscipline, sa paresse, son mauvais esprit, “le conseil lui accorde“ un mois de délai pour manifester un complet changement d’attitude. A l’issue du mois, le père préfère retirer définitivement son fils du collège.

 

2ème Tableau

A la rentrée d’octobre 1946, l’élève G… se fait inscrire en classe de 5ème M. Dès le premier mois, l’élève se signale à nouveau : mauvaise tenue, dissipation, travail insuffisant. En novembre le conseil de discipline a encore à connaitre de ce cas singulier et se prononce pour l’exclusion définitive à la suite d’inconduite persistante et fraude en composition…

Exit…

3ème tableau

En septembre 1950, le même adolescent est à nouveau accepté en 2ème moderne après avoir fréquenté un établissement privé de Colmar ! En janvier 1951, il est surpris à lancer dans les couloirs de l’établissement des boules puantes.

Le père convient de retirer son fils, puis revient sur sa décision. Le conseil de discipline doit donc se réunir et prononce à l’unanimité une nouvelle exclusion « définitive » !

La conclusion de cette affaire est à lire dans un rapport au Directeur Général des Affaires Culturelles du Haut Commissariat auprès duquel le Père avait cru faire appel :

“La sanction intervenue a donc été comme on le voit, amplement motivée et prise dans les formes régulières. Et on comprendrait mal que pût bénéficier d’une indulgence particulière un récidiviste de l’indiscipline, qui, vu son âge et après deux exclusions préalables et les avertissements qui lui ont pas manqué, aurait dû se tenir pour dûment averti de ce qui l’attendait à toute nouvelle incartade. A la vérité, la question d’un nouvel examen ne serait même pas posé en toutes autres circonstances si des considérations extrascolaires n’étaient fâcheusement intervenues à son propos. Car on est déjà fondé à s’étonner de la mansuétude dont a témoigné l’administration scolaire en acceptant de reprendre sans autres réserves, un élément perturbateur au passé aussi chargé…“

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