Sous le pont du BABO

     Ce poème, qui dormait au fond d’un tiroir, est un peu ancien. La plupart des personnages que j’y évoque sont retraités. Ou morts !                                                                                                            Michel WALLON

Petit poème nostalgique :  Sous le pont du BABO

(D’après Guillaume Apollinaire : « Sous le pont Mirabeau coule la Seine »)

Complainte d’un ancien FFA resté à Baden-Baden

           Sous le pont du BABO s’active l’Oos
           Les employés
           Qui ici travaillaient
           Sont-ils à Caen, à Nice ou dans la Beauce ?
           Passent les jours, sonne l’heure
           Ils sont partis, je demeure

          Près de l’ancienne poste s’affranchit l’Oos
          Ceux qui étaient
          Derrière les guichets
         Où leur dit-on : « Combien pour le Laos ? »
                                                                      (Refrain)

         A deux pas de l’église psalmodie l’Oos
         Cet aumônier
         Qui si bien prêchait
         Où bénit-il baptêmes et noces ?

(Refrain)

         Près des anciens « écos » babille l’Oos
         Et ce boucher
         A qui j’aimais parler
         Pour quels chiens maintenant sont ses bons os ?

(Refrain)

         Aux abords du lycée bougonne l’Oos
         Ce professeur
         Qui jouait les terreurs
         Où donc fait-il trembler de pauvres gosses ?

 (Refrain)

         Près de l’ex-dispensaire soupire l’Oos
         Ce médecin
         Qui me donnait ses soins
         Où traite-t-il les grippes, les tétanos ?

Dernier refrain

         Pas de regret, pas de dépit
         Ils sont partis : c’est la vie !

 Michel Wallon

Mais qui est Michel WALLON ?

    Beaucoup d’anciens élèves du lycée ont bénéficié de son enseignement, son parcours en Allemagne a été impressionnant, d’abord en tant qu’étudiant, puis appelé du contingent et enfin comme Professeur de français… sa curiosité l’attirait naturellement vers la découverte de l’autre … son implication dans la vie culturelle des villes d’accueil a été permanente. Je vous invite à relire le chapitre :

 « Une longue histoire d’amour »

 Dont Michel WALLON nous a honorés dans notre livre

 « Rencontres inoubliables »

 Un récit nostalgique, d’une grande sensibilité, avec un coup d’œil quelque peu narquois sur la vie bien rangée et le manque d’implication des Français.

JPB

      Voici quelques phrases, extraites de ce livre, qui relatent son long parcours Outre-Rhin :

      Mon premier contact avec l’Allemagne date de 1953. Je participais à un voyage d’études avec un groupe d’étudiants. Quel émoi j’ai éprouvé quand j’ai franchi la frontière ! Ainsi donc, j’étais dans le pays d’où étaient venus les soldats qui me terrorisaient quand, tout gosse, je les voyais marcher au pas dans les rues de ma ville ; dans ce pays étrange où avait pris naissance un mal mystérieux.

    Peu après,  « je suis retourné en Allemagne, cette fois avec une chorale. Nous avons fait en Rhénanie une tournée dont je conserve un souvenir ébloui »…   

   Puis en tant que professeur, je fus  nommé au collège Pierre Brossolette de Constance. Là, j’ai rapidement pris conscience que si je voulais connaître les Allemands et apprendre leur langue, ce pour quoi j’étais venu…

Après Constance, ce fut Landau, où je connus celle qui devait devenir mon épouse : une jeune Allemande qui fréquentait le cercle franco-allemand….

Puis ce fut le service militaire, dont j’accomplis la première partie à Constance …

Après ma démobilisation, je retrouvai l’Allemagne : Constance, Trèves et enfin Baden-Baden. Où je devais passer 27 ans…

Au total, une longue histoire d’amour avec l’Allemagne, que j’ai racontée dans un livre intitulé : « Toutes ces années en Allemagne » et qui paraîtra peut-être un jour…

   Tandis que je me promenais dans ce qu’il en reste, je pensais à tous les Français, des dizaines de milliers, qui ont vécu là, qui y ont travaillé, aimé, connu des joies et des peines. Aux enfants qui y ont fréquenté les écoles et le lycée, joué dans les rues. Aux femmes qui ont fait leurs courses dans les économats, aux soldats que l’on ne voyait guère, à part les chauffeurs attendant au pied des immeubles et les serveurs des mess, sauf au début du week-end quand, ayant déjà à leurs oreilles les écouteurs de leur walkman…

   À tous ceux et celles qui les ont remplacés, qui vivent dans ce quartier de Baden-Oos si bien rénové, je souhaite d’être heureux ; et au nom de tous les Français qui y ont vécu, je remercie ceux qui ont eu la bonne et généreuse idée de faire dans l’appellation des rues et des bâtiments de nombreuses références à la longue présence française…

  Cliquez ICI pour lire le poème de Guillaume Apollinaire

 

 

Une réflexion au sujet de « Sous le pont du BABO »

  1. Il est bienvenu ce poême qui met à l’honneur notre cher BABO..n’est-ce pas Jean-Claude Martin?

    Et merci à Michel Wallon de l’avoir ressorti de ses tiroirs !!!

    Mais je crois savoir qu’il a encore beaucoup d’autres choses sur Baden Baden…

    Yvette Isaac -Barale

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