La descente aux enfers

     Voici un extrait d’un livre d’Antoine Vitkine : « Histoire d’un livre », chacun devinera qu’il s’agit de « Mein Kampf ». Un passage a particulièrement attiré mon attention, il nous rappelle que Baden la ville si chère aux Français au 19ème siècle qui inspira nos plus grands auteurs :

    Tout d’abord Musset, Gérard de Nerval, Alexandre Dumas, Eugène Sue, Edmond About, Victor Hugo firent le voyage de Baden qui sembla faire partie du programme romantique ; puis les Directeurs français du Kurhaus, Jacques Bénazet et son fils Oscar convièrent à Baden, tout ce que Paris comptait de littérateurs, d’artistes et de politiciens. 

       À les lire : «  Si le paradis existait sur terre, cela ne pouvait être qu’à Baden-Baden »

   Cependant, cependant… des heures ténébreuses ensevelir la ville dans les années 30.

                                                                                                                                                          JPB

   Extrait d’ Histoire d’un livre :

    Le 10 novembre 1938, le soir de la nuit de cristal, un pogrom organisé par  les autorités frappe la communauté juive de Baden-Baden, dans les sud-ouest de l’Allemagne. Comme dans tout le pays, des magasins sont détruits, des hommes molestés ou humiliés, tués pas dizaines, puis déportés par milliers. À Baden-Baden, des nazis en armes décident de se livrer à un jeu cruel. Ils réunissent des fidèles dans la vieille synagogue de la ville. Les nervis nazis obligent le docteur Flehinger, un notable de la communauté, à aller à la teba, l’estrade où d’ordinaire se tient le rabbin, et à lire « Mein Kampf » aux Juifs de la ville. La bible nazie supplantant les textes sacrés du judaïsme, voilà qui apparaît être un symbole appréciable aux yeux des nazis présents ce jour là. Parachevant leur œuvre, ils font évacuer le bâtiment puis y mettent le feu. La plupart de l’assistance est, quant à elle, déportée vers les camps de Dachau ou de Buchenwald.

    Dans les jours et les semaines qui suivent, les juifs allemands fuient par milliers. Certes ils n’ont nul besoin d’avoir lu Mein Kampf pour connaître l’antisémitisme fanatique des nazis et l’éprouver durement. Depuis les lois raciales et autres discriminations jusqu’à la haine déversée quotidiennement par le Völkischer Beobachter, le Stürmer et ses caricatures immondes, les juifs se savent menacés. Mais, à l’instar des opposants au régime, bien peu ont la prescience que dans Mein Kampf se trouvent les éléments justifiant idéologiquement une élimination des juifs…

    À ce sujet, voici deux articles traités il y a quelques temps sur notre site

Le pavé du trébuchement cliquez ICI

In Mémoria Gurs cliquez ICI

 

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.