Adversaires héréditaires

 En septembre 1938  dans un contexte international très tendu, s’est tenue à Baden une réunion franco-allemande. L’atmosphère qui ressort de l’article de presse joint est insolite. Qui pouvait encore croire à la paix ? Cet entretien relevait plus d’une bouffonnerie que de négociations politiques ! Parler de l’art de la table face aux prémices de la supériorité de la race arienne était en complet décalage…

La situation était des plus critiques, nos militaires en congés étaient sur le point d’être « rappelé service  » avant la fin de leur détente, une sorte de  » pré-mobilisation  » c’est ainsi que je ne fis la connaissance de mon père qu’en mai 1945…  mais nos plénipotentiaires continuaient à discuter… Avec le recul ces entretiens paraissent bien déphasés par rapport à la réalité.

Le seul moment véritablement réconfortant semble être l’inauguration de la statue de Pierre de Coubertin, que vous pouvez encore admirer de nos jours.

 JP Bénaut

 

Baden-Baden le 2 juin 1938.  

Le 2ème Congrès franco-allemand, organisé par le «Comité France-Allemagne» et la «Deutsch-Französische Gesellschaft», se tint à Baden-Baden et fit la une de l’actualité.  

Au-delà des tensions politiques entre les deux pays, les discours de bienvenue furent de circonstance. « Les deux nations avaient délégué leur élite intellectuelle… dans le monde artistique et scientifique“, elles rivalisèrent au travers d’une exposition et de compétitions sportives. “

Les négociations franco-allemandes eurent  lieu au Kurhaus de Baden-Baden,  alors que les journaux français annonçaient  le largage de rats contaminés par des pilotes allemands et que les gazettes allemandes réclamaient plus d’informations sur l’enlèvement de scientifiques allemands. 

Malgré l’absence des dirigeants des deux nations,  le ministère de la propagande du Reich délégua « Mme Leni Riefenstahl », star du Reich allemand, qui présenta  son film «Olympia»  (Film financé par le ministère de la propagande du 3ème Reich).  

La production cinématographique, l’architecture et la musique furent au cœur des entretiens. 

Le Docteur  Eugen Fischer, directeur de l’Institut d’anthropologie Kaiser Wilhelm, rendit compte de la recherche allemande sur l’hérédité. Il s´agissait très clairement de l’idéologie de l’Allemagne nazie : 

                 « Suppression des souches génétiques malades et étrangères ». 

La presse de Baden rendit compte en ces termes : 

 » Le public écouta avec une grande ouverture d’esprit et un grand intérêt ce qui ressemblait à des révélations. » 

Le dernier jour du congrès fut consacré aux divertissements. Les Allemands présentèrent  leur concept  « Harmonie et style de vie » sous la devise « Puissance par la félicité ». 

Côté français, Le professeur Pomian fit un exposé sur l’art culinaire et le comportement alimentaire des Français. Cette dernière manifestation franco-allemande à Baden-Baden fut  clôturée par un défilé de mode conjoint. 

L’un des temps forts du 2ème Congrès franco-allemand fut l’inauguration du monument dédié à Pierre de Coubertin, le rénovateur des Jeux Olympiques modernes en ce 23 juin 1938. Le monument érigé aujourd’hui sur la place Augusta avec la tête de bronze du «Médiateur entre les Nations» est le seul monument au monde du Baron de Coubertin.

  (Buste du refondateur des Jeux Olympiques Pierre de Coubertin (1863-1937)
image de wikimedia.org)

Extrait de l’article  

“Congrès entre ennemis héréditaires » publié dans l’album  

                     “Das war das 20 Jahrundert in Baden Baden“

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