Hommage à Jean-Pierre Ponnelle:

     Voici un article que j’ai fait paraître dans la gazette il y a quelques mois. Aujourd’hui, 26 janvier 2013 à 19h, Madame Kumpler, que nous avions rencontrée à Baden en septembre, donne une conférence au cercle franco-allemand de Baden sur le thème : le triptyque de Jean-Pierre Ponnelle. 

     Depuis quelque temps le nom de Jean-Pierre Ponnelle circule parmi nous, mais qui est-il ? Il est peu connu en France du grand public mais semble l’être beaucoup plus en Allemagne, c’est pourquoi j’ai dû consulter le site Wikipedia allemand pour dénicher sa biographie. Mais pourquoi nous intéresse-t-il ? Tout simplement parce que JP Ponnelle est un ancien du Lycée Charles de Gaulle, certains d’entre vous l’ont connu. Que reste- il de son passage à Baden ? Un souvenir inoubliable de sa personnalité qui nous a été décrite par quelques-uns de ses amis. Voici celui de François Roche : 

     « J’ai été en classe de Philo en 49-50 avec Jean-Pierre au Lycée à Baden-Baden. C’était un charmant garçon, passionné de musique et avec un grand sens de l’humour. Son père était Directeur de la Südwestfunk et j’allais souvent chez lui. Il m’a fait découvrir la musique de jazz en me faisant écouter « The Man I love ». Il avait une sœur plus jeune. Il était apparenté à la grande maison de vins de Bourgogne Ponnelle. Il avait ensuite, après le bac, suivi des cours de propédeutique mais sa seule passion était la musique. Nous nous sommes perdus de vue en 1951 quand j’ai quitté Baden avec mes parents. Il était resté en Allemagne, y avait fait une très grande carrière de metteur en scène d’opéras. Il avait épousé une Allemande, avait eu je crois une fille et soudain le drame et la mort quand encore jeune (pas encore 50 ans) au cours d’une répétition il était tombé dans la fosse d’orchestre ».    

     Revenons à sa biographie : JP Ponnelle était effectivement issu d’une famille passionnée d’art. Son grand-père, négociant en vins, était critique de musique et ami de Richard Strauss. Sa mère, Mia Ponnelle, était une chanteuse de souche tchéco-hongroise. Son Père, Pierre Ponnelle, négociant en vins et journaliste, était propriétaire d’un domaine viticole à Beaune, il entra dans la résistance en 1942. En 1945 le gouvernement militaire français en Allemagne chargea Pierre Ponnelle, en tant qu’officier des affaires culturelles, de la mise en place d’une station de radiodiffusion. La Südwestfunk était née ! Ses fréquentations du monde des arts, qui tenaient salon chez les Ponnelle, dynamisèrent son enthousiasme pour la création artistique. 

     Jean-Pierre Ponnelle fut appelé sous les drapeaux en 1959. Pacifiste il renonça aux E.O.R. Trente mois de service militaire dans le Sud Marocain et le Sud Algérien le minèrent… cette période fut heureusement entrecoupée par une mission qui lui permit de réaliser deux peintures : une fresque dans le gymnase de la caserne de Rabat et un triptyque, « la descente de la croix », pour l’église française « Notre Dame de la Paix » de Baden-Oos, c’est à cette occasion que notre camarade Jean-François Deluol l’assista. Ce triptyque se trouve de nos jours dans la chapelle de la base aérienne d’Evreux. Madame Klümper-Lefebvre du cercle Franco-allemand de Baden-Baden travaille pour que cette peinture puisse revenir à Baden-Baden pour y être exposée. 

     Dans les années 50 JP Ponnelle créait des décors et des costumes pour des opéras, pour des pièces de théâtre ou des ballets. Après son service militaire, suivant les conseils de l’Administrateur du théâtre de Düsseldorf, Karl-Heinz Stroux, il se lança dans la mise en scène. Karl-Heinz lui confia « Caligula » de Camus en 1961. Deux ans plus tard ce fut la première mise en scène de l’opéra « Tristan et Iseult » de Wagner. L’année 1968 marqua sa percée internationale avec le Barbier de Séville de Rossini sous la baguette du chef d’orchestre Claudio Abbado. Puis il créa une version spéciale de la « Flûte enchantée » connue comme « la Flûte enchantée pour les enfants » pour le Festival de Salzbourg. Travailleur infatigable, il œuvra pour 303 mises en scène en 36 années de carrière artistique, travaillant parfois simultanément sur plusieurs projets. 

     En été 1988, il chuta dans la fosse d’orchestre, malgré ses traumatismes il continua à travailler. Quelques semaines plus tard, il mourut d’un arrêt cardiaque dans une clinique de Munich. 

     Voilà un résumé de ce long article de Wikipedia. Je remercie tous ceux qui ont participé à ces recherches d’informations ainsi que mon ami Walter qui m’a aimablement traduit l’article d’origine.

     Pour conclure voici le témoignage de Jean-Pierre Durand : « Nous nous souvenons de lui comme d’un garçon charmant et « charmeur », cultivé et très sympathique. J’ai toutefois retrouvé la photo d’une de ses soirées où il se trouve assis au premier rang (la main devant la figure) à côté de moi et où figurent également, en plus de mon épouse (à ma gauche), Michel MAUER, Jean CIARLET, VIRENQUE (pharmacien civil français) et d’autres personnes, de nationalité allemande, dont nous avons oublié le nom, ce qui prouve cependant que nous pensions déjà à rétablir des liens (très étroits pour certains) entre nos deux pays ».    

 Jean-Pierre Bénaut

Bonjour,
Je découvre et rejoins votre groupe d’anciens de Baden-Baden.
Je suis heureuse de voir les hommages faits à mon frère, Jean-Pierre Ponnelle, disparu trop tôt, après sa chute dans la fosse d’orchestre lors d’une répétition en Israel…
Il s’était remis auparavant d’une opération du coeur à l’hôpital américain à Paris et nous avions passé plusieurs nuits dans sa chambre, à évoquer nos années de jeunesse, notamment à Baden-Baden…
Si les instances officielles et les médias français parlent très rarement de lui, je suis émue de voir que vous ne l’oubliez pas et vous remercie…
Amicalement,
Margit Ponnelle                                                             message 04.08.2019
margit2@wanadoo.fr

1 réflexion sur « Hommage à Jean-Pierre Ponnelle: »

  1. Bonjour,
    Je découvre et rejoins votre groupe d’anciens de Baden-Baden.
    Je suis heureuse de voir les hommages faits à mon frère, Jean-Pierre Ponnelle, disparu trop tôt, après sa chute dans la fosse d’orchestre lors d’une répétition en Israel…
    Il s’était remis auparavant d’une opération du coeur à l’hôpital américain à Paris et nous avions passé plusieurs nuits dans sa chambre, à évoquer nos années de jeunesse, notamment à Baden-Baden…
    Si les instances officielles et les médias français parlent très rarement de lui, je suis émue de voir que vous ne l’oubliez pas et vous n remercie…
    Amicalement,
    Margit Ponnelle

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