“ Quartier perdu “

“ Quartier perdu “ de Patrick Modiano

      Au début du mois de novembre dernier je me suis rendue à Oslo pour rencontrer un de mes petits-fils. Une distance d’environ 190 km sépare notre petite ville de Lillehammer d’Oslo, notre capitale.

      Le trajet en train Lillehammer-Oslo dure un peu plus de deux heures ce qui n’est pas très impressionnant pour les Français habitués au TGV, mais nous ne nous plaignons pas, les JO de 1994 ont apporté une nette amélioration dans le domaine des communications.

      Nous avons toujours le système à une voie qui oblige les trains à se croiser dans les gares, mais la durée du trajet a été réduite de près d’une heure. Par ailleurs, pendant la journée nous avons un départ pour Oslo toutes les heures. Que peut-on demander de plus. Deux heures et quelques minutes à l’aller, autant au retour c’est une occasion unique de se plonger dans un livre et avec un peu de chance de le lire de bout en bout. Chaque voyage à Oslo implique donc le choix d’un livre.

      En novembre dernier la question a vite été résolue. Un nom s’imposait alors : Patrick Modiano, Prix Nobel de littérature 2014. Aucun livre de Modiano n’a été traduit ici depuis la fin des années 1980. C’est dire que très peu de lecteurs / lectrices le connaissent. Comme j’anime un petit cercle de lecture où nous lisons des livres français. J’ai pensé qu’un de ses livres pourrait être actuel pour mes amies et moi. Mais lequel des onze romans de Modiano que j’ai chez moi devais-je lire pendant mon voyage à Oslo ? C’est finalement « Quartier perdu» que j’ai emporté ce jour-là. J’aurais presque dû prendre aussi un plan de Paris, car lire Modiano revient à se déplacer dans Paris, mais aussi à remonter le temps, faire un travail de mémoire, poser beaucoup de questions : qui ? Quand ? Où ? Comment ? Pourquoi ? Les romans de Modiano sont tous fascinants.

      Je suis donc partie avec Ambrose Guise à la recherche d’un quartier perdu de sa mémoire, à la recherche du temps où il s’appelait Jean Dekker. À la fin du roman Modiano nous mène à Saint-Maur, au 30 bis, avenue du Nord. Et là, une surprise m’attendait, car voici la description qu’il fait de l’avenue du Nord : 

     « Les tilleuls le long de l’avenue du Nord, forment une voûte de feuillage aussi lourde que ceux de la Lichtentaler Allee, à Baden.»  

      Quelques paragraphes plus loin : 

     « J’allais la rejoindre dans un lieu de villégiature. Reuilly. Saint-Mandé, Vincennes, Biarritz, Joinville-le-Pont, Saint-Maur-des-Fossés, Baden-Baden. »

     J’ai terminé le livre et j’ai commencé à me poser des questions. Modiano à Baden. J’ai toujours eu la conviction que, dans ses livres, Modiano ne citait que des endroits qu’il a connu. Alors, quand est-il allé à Baden ? Quels motifs l’ont mené dans cette ville que nous, les Anciens du lycée Charles de Gaulle, connaissons tous si bien ? Est-ce que je trouverai la réponse et où ? Pour l’instant je ne vois qu’une solution, lire tous les romans de Modiano. A moins que l’un des lecteurs de ce petit article ne me fournisse la réponse à ma question.

Yvette BÖ / Kaiser

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