Piscine et Apfelsaft

    1958 au lycée Charles de Gaulle. Les beaux jours étaient revenus… les premières chaleurs aussi… Mais le bac se profilait aussi à l’horizon et trois classes de terminales commençaient à « angoisser » (comme ils disent de nos jours !), bien qu’il n’y ait pas eu de raison à cela : nous étions tous de bons élèves qui travaillaient sérieusement ! Oui, oui, oui… (Surtout en comparaison de ceux d’aujourd’hui…)  On révisait… on révisait…     Mais parfois la tentation avec le beau temps  et la chaleur, se faisait irrésistible et beaucoup d’entre nous se retrouvaient à la piscine de Baden Baden…

     Ah ! Cette piscine… La première fois que Renée Sturm (qui était et est toujours ma grande amie) m’y amena, je n’en crus pas mes yeux ! Moi qui arrivais du Maroc où nous n’étions pas privés de piscines mais de piscine fermées sur des espaces de ciment et sans le moindre arbre, j’étais stupéfaite ! Toute cette verdure, ces grands espaces, ces immenses bassins d’eau bleue autant que le ciel… en pleine nature ! De l’herbe pour étendre nos serviettes… des arbres… des frondaisons à perte de vue… dans un paysage grandiose de tous côtés !!! Des cris de joie, des rires, des chants d’oiseaux… J’avais entendu parler de l’amour des Allemands pour la Nature : là je le compris vraiment !

     Je me souviens de vous mes amis, que j’ai eu la chance de retrouver beaucoup plus tard grâce à notre belle association, un peu changés certes… Toi Guy, le petit jeune homme mince, timide, souriant, devenu ce grand colosse impressionnant…

     Ce dimanche là, avec  Renée, nous avions décidé de nous mettre à l’écart de vous tous  qui rigoliez trop… pour réviser ! Les cahiers de philo ayant été mis dans nos sacs. Cher Monsieur WAECHTER ! Vos cours passionnants ont vite été supplantés par tout ce qui nous entourait et nous sollicitait vivement ! Bientôt un vendeur de boissons s’approcha et nous proposa en allemand (que je ne comprenais pas !) diverses choses… Je laissais Renée passer la commande et quand elle me dit : « et toi, tu veux quoi? » je répliquai prudemment : « la même chose que toi ! »

     Petites bouteilles vite décapsulées  qui brillaient en jaune soleil, bien fraiches, furent aussitôt dans nos mains. Mais quand je laissai glisser ce merveilleux breuvage dans ma bouche, dans ma gorge, je regardai Renée et lui demandai :

 – « Mais c’est quoi ?

– De l’Apelsaft, voyons !

– Et quès aco l’apfelsaft ??

– Mais du jus de pomme, voyons ! »

      Mais voyons ! C’est absolument délicieux !!! Et tandis que lentement je buvais ce nectar avec face à moi ce merveilleux paysage, ce soleil clignotant à travers les feuilles des arbres, tous ces bruits de joie, de bonheur… je pensai soudain  que le Paradis doit ressembler à quelque chose comme ça !

     La semaine dernière, avec Renée, au téléphone, nous avons évoqué ce souvenir… et je lui ai avoué que chaque fois que je buvais de l’Apfelsaft je pensais à elle et à nos jours heureux à Baden-Baden !

     Mes chers amis, la prochaine fois que nous nous retrouverons, je vous offre une tournée générale…

                                                d’Apelsaft!!!

Yvette Isaac

1 réflexion sur « Piscine et Apfelsaft »

  1. Le bassin réservé aux plongeons était équipé d’une tour, avec plateformes aux 5m et aux 10m. Ce bassin était le QG d’une petite troupe où s’illustraient JFB, JFD, JW, JPN et d’autres, ils se reconnaitront. Les courageux et courageuses grimpaient jusqu’en haut et s’élançaient, sous nos regards admiratifs. Si aucune fille n’a jamais failli à son projet de plonger, du moins en ma présence, il arrivait parfois à certains garçons de préférer redescendre par l’échelle, accompagnés d’un concert tonitruant de lazzis et quolibets !
    Je dois dire que …je n’ai jamais tenté l’aventure et que cette plateforme du 10m est bien le seul endroit de BB où je n’ai jamais mis les pieds.
    Jean-Pierre Brochier

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