Les infréquentables !

    Lors de notre réunion à MALBUISSON ce weekend,  soyez vigilants !!!!  A en juger le courrier qui suit, il semblerait que certains d’entre nous sortent du bagne… Informez vous ! mais pas de délation !!!!  Je ne comprends pas la raison pour laquelle, Michèle et André, se sont efforcés de vous trouver des hôtels confortables, une seule réponse ! L’embourgeoisement !

 LE BAGNE

Lettre adressée le 17 décembre 1946 à l’Administrateur Général LAFFON

Par M.X Délégué Général pour le Gouvernement Militaire de X

 Monsieur l’Administrateur Général

     Je tiens à vous faire part qu’étant été amené à placer mon fils au lycée Français de BADEN-BADEN, j’ai pris  la décision de ne pas le laisser pendant le deuxième trimestre pour un certain nombre de raisons dont j’estime qu’il est de mon devoir de vous les signaler.

    En effet, beaucoup de fonctionnaires hésiteront à porter devant vous ce problème que seules les circonstances m’ont amené à connaître.

    Je vous demande de croire que ce n’est qu’après avoir recoupé les informations qui  m’étaient apportées que je vous les communique.

Hygiène : Une douche depuis le 25 octobre, 14 lavabos, eau froide pour 40 élèves. Pas d’infirmerie prévue pour le lycée, ni pour l’internat. Les malades souffrant d’une affection contagieuse sont, du fait de la proximité des lits, à même de contaminer leurs camarades. Aux réclamations émises par les élèves, le Proviseur a répondu devant plus de 50 élèves.

  • Que les déportés politiques avaient eu moins à manger qu’eux et qu’ils ne se plaignaient pas.
  • Que les soldats ne se lavaient que tous les trois mois et ne s’en portaient pas plus mal.
  • Que les soldats n’avaient pas d’armoires, et que les élèves pouvaient s’en passer.

Dortoirs :  Lits accolés, punaises le premier soir, armoires inexistantes (coffres en acier utilisés pour des vêtements gazés dans la ligne Siegfried). Pas de chaises. Pas de tables de nuit. Sommeil insuffisant (7h 3/4). Défense absolue d’ouvrir les fenêtres pendant la nuit.

Études : Lumière très insuffisante, fatigue des yeux après deux heures de travail.

Réfectoire : Vaisselle non faite, sucre absent. Nourriture meilleure et plus abondante après manifestation bien qu’il ait été déclaré que les  élèves avaient leurs rations auparavant. Attente d’une demi-heure avant chaque repas. « Gouvernement » par le personnel allemand.

Lycée : Attente prolongée dans la cour, après déjeuner sans but et sans distractions.

Professeur de philosophie : inintelligible et ne respectant pas l’ordre du programme.

Professeur d’histoire – géographie : s’absente et pour rattraper le temps perdu fait faire aux élèves des résumés sur des matières hors programme.

Professeur de mathématiques : n’a pas encore commencé le cours dans le cadre du programme en date du 25 novembre 1946.

Professeur de culture Physique – 2 heures consécutives le samedi et 2 à 4 heures pour les élèves du deuxième bachot, fait faire deux heures de cross sans entraînement, sans préparation dans la Forêt Noire.

    A la suite d’un 500 mètres, deux élèves, pourtant bien constitués, sont pris de vomissements, un troisième s’évanouit en cours d’exercice et casse ses lunettes.

    Il n’y a pas de visites médicales précédant les leçons de culture physique, les défaillances individuelles restent donc inconnues.

    Je me permets de vous laisser le soin de tirer les conclusions qui semblent s’imposer et vous prie de croire à l’assurance de mes sentiments très dévoués.

Extrait des florilèges - Direction de l'enseignement Français en Allemagne

2 réflexions sur « Les infréquentables ! »

  1. Mais de quelles années s’agit-il ???

    En 57 quand j’y suis arrivée …l’impression d’arriver dans un palace !

    Ou alors ce « pauvre » jeune homme c’était La princesse au petit pois ???

    1. Comme indiqué le document est daté de décembre 1946, les locaux n’avaient rien de la modernité du nouveau lycée de 1957… il faut remettre ces propos dans leur contexte…
      Amicalement

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.